François et Sophie sur la route

09 mai 2012

« Oh putain ! »

 

Contes à rebours et rebondissements..!

 

Bonjour à tous !A la guerra

Quel plaisir de vous retrouver pour faire un nouveau brin de causette ! Alors chers amis, nous espérons que vous allez tous toujours très bien. De notre côté, l’humeur est plutôt au beau fixe et notre voyage en Amérique du Sud s’est poursuivi sans encombre en Equateur et en Colombie, les derniers pays de cette partie du continent américain. Sans encombre, ça c’est sûr, mais non sans surprise également.

Dans le précédent post, nous vous annoncions que le temps du voyage était désormais compté et nous vous faisions part de notre joie de pouvoir nous rendre au Canada. Certains d’entre vous étaient bien entendu déjà au courant, peut-être même la grande majorité d’entre vous finalement ! Mais cela, nous ne pouvons pas le savoir… Alors pour ce post, et bien c’est la même chose (peut-être êtes-vous déjà au courant… ou pas !) Ce que nous souhaitons aujourd’hui partager de notre voyage avec vous tous, c’est comment notre vie a été bouleversée entre la Bolivie et l’Equateur..

Rappelez-vous, nous quittions le Pérou avec une image plutôt mitigée de notre expérience. Enième bus transfrontalier vers un pays qui promet beaucoup : l’Equateur. Du moins, c’est ce que nous ont dit pas mal de voyageurs. On décide d’y entrer par une route moins fréquentée. Nous nous rendrons à Loja, petite ville paisible du sud-est du pays car nous ne souhaitons pas nous retrouver directement dans une immense ville comme Guayaquil. Cela ne nous intéresse plus vraiment, les grandes villes. Et surtout, nous sentons que quelque chose se trame et nous devons le confirmer. Cela fait en effet deux semaines que cette question (et du coup, bien d’autres !) nous taraude : suis-je enceinte ou pas ?!

 

Deux semaines… vous imaginez un peu le bordel dans nos cerveaux ! François et moi, en vadrouille, mais transportant à notre insu un voyageur clandestin !!! Autant vous dire que ça a carburé là-haut ! Que vont devenir tous nos projets ? Est-il possible de continuer ? Comment s’assurer que tout va bien se passer et comment faire des examens... ? Autant de questions qui se bousculent et qui viennent perturber le fleuve tranquille de notre remontée des Andes, il faut bien le dire.

Alors un beau matin, il faut bien s’y coller et mettre enfin un terme à tous ces questionnements qui commencent sérieusement à me rendre tarée. Retour au titre de ce blog : « Oh putain ! »… Ça, c’est le signal que je dois donner si le test s’avère positif ! On peut vraiment faire des trucs bizarres en cas de situation imprévue ! Le moment le plus drôle dans tout cela, c’est quand je prononce le fameux code et que François tout déboussolé me demande « Ça veut dire quoi celui-là déjà ?!!! ». Mais ça y est, ébahis mais heureux, nous voilà enfin face à une certitude. Nous allons bientôt être trois. Maintenant, on va pouvoir avancer sur du concret. C’est pas pour autant que ce sera moins crevant ni plus simple !

 

PollyAvec ce nouveau paramètre, notre périple revêt une nouvelle dimension, vous devez vous en douter. Pour autant, nous sommes intimement persuadés que cela ne doit en rien nous détourner de nos objectifs. Apres tout, je ne suis pas malade. Il faut juste savoir doser l’effort. Mais bon, on va tout de même aller demander un avis médical. Aaaah une visite chez un médecin, ça faisait bien longtemps ! En espagnol en plus, on se fait plaisir !!! A Cuenca, nous en aurons la confirmation : le petit clandestin est un bolivien de 3mm, fréquence cardiaque 98 bpm. Boum, chak, boum, chak, ça fait un choc.

 

Heureusement que le docteur Diego Calle, un homme fort remarquable par ailleurs, nous avait dit d’éviter, si possible, les routes trop chaotiques. Celle qui nous mène jusqu’à Macas, à l’orée de la forêt primaire, est quelque peu remuante. On commençait déjà à fatiguer d’enchainer les bus bringuebalants à répétition mais là, on a une nouvelle raison de tergiverser.. Mais bon, on ne va pas rester là non-plus ! En attendant, on fait comme d’hab’ : on marche au feeling et on essaie de rester zen…

 

La forêt amazonienne serait-elle le bon endroit pour se reposer un peu et réfléchir à la suite des évènements ? C’est ce qu’on croit, du moins au début, et, en plus, on a toujours rêvé de faire un trip dans la jungle. Les communautés indigènes du coin proposent en effet des sorties dans la forêt primaire ou des séjours au village pour partager leur quotidien. L’idée nous séduit pas mal, mais  comme toujours quand il s’agit de tourisme, les prix sont exagérés. Pourtant le courant passe bien avec José, un Indien Shuar de la communauté Arutam, et l’endroit ressemble bien au havre de paix que l’on recherche. Mais on arrive pas à se décider car il s’agit de débourser une grosse somme d’argent pour aller faire la balade. D’autre part avec ces histoires de bébé, la donne a changé et José le comprend très bien. Dehors les Romanos ! La nuit portant conseil, on décide de la passer là et de voir ça le lendemain. Ça  aurait peut-être pu nous aider si on avait pu dormir, mais ce fut, de loin, la nuit la plus inconfortable (et paradoxalement la plus chère : 30$ tout de même) de notre séjour équatorien. Du coup, on est toujours aussi indécis le lendemain matin ! Par contre José, lui, n’est plus du tout aussi compréhensif. Les prix ont même augmenté par rapport à la veille (on ne comprend toujours pas aujourd’hui par quel coup de baguette magique) ! En gros le gars nous met la pression pour nous faire cracher ou bien nous faire partir, c’est selon.. Un peu abasourdi par ce changement de visage, on met les bouts illico-presto, en stop (il y a pas de bus ce jour-là, cool..), en direction de Puyo.

 

Toujours la même histoire en somme, celle de l’être humain universel… lement mercantile. C’est beau de voir à quel point on se ressemble d’un continent à l’autre.. !  Mais ce coup-la nous a quand même fait bien mal car on avait (surtout moi) bien accroché avec le personnage. Je me demande parfois comment on fait pour rester aussi naïf après toutes les arnaques qu’on a pu voir…

 

Finalement Puyo, et Baños ensuite, ne sont pas si mal pour se détendre et faire le vide dont on avait besoin. Tout « l’Oriente » comme le nomme les Equatoriens est caractérisé par une ambiance très « laid-back » comme le disent les Australiens ! Et on s’y plait bien en Oriente (malgré la petite mésaventure citée au-dessus). Baños (prononcez Bagnos) est une ville thermale charmante sur les contreforts de la montagne, en remontant de la jungle. Elle offre des randonnées magnifiques, avec un volcan fumant en toile de fond, et des bains curatifs fort courus (à tel point qu’on y est pas allé tellement les piscines sont saturées, car c’est les vacances à cette période de l’année). On y fait également de bonnes rencontres, dont un couple de Belges et un autre de Français avec qui on cause pas mal. La vérité c’est qu’on a un peu besoin de vider notre sac, alors peut-être que je devrais dire qu’ils nous écoutent pas mal ! Jusqu’à présent, les seules personnes au courant de notre affaire étaient José et le médecin de Cuenca. Alors évidemment, on a un peu besoin de partager notre bonheur ! Et pas question de l’annoncer à la famille avant d’être au clair sur nos intentions..

Et justement alors, qu’est-ce qu’on va faire ???

De nombreuses questions nous taraudent comme vous pouvez l’imaginer, qu’elles soient d’ordre administratives, financières ou géographiques (eh oui ça c’est peut-être un peu moins commun !), sans parler des questions existentielles… Mais tout ça est une autre histoire dont on vous passera les détails (pour l’instant.. !)

En attendant il faut aller de l’avant et nous poursuivons notre plan de route initial, qui n’est pas trop compliqué en-soi : al Norte ! (ah merde c’est vrai, c’était toujours plus à l’Est à l’origine, bon OK va pour Nordeste !)

Bomba EstereoLa prochaine étape est la capitale équatorienne : Quito, une ville fort intéressante, comme l’ensemble de ce pays, par ailleurs, qui nous a bien capté. Concerts gratuits (Bomba Estereo) ce weekend-là, sur une grande place du centre-ville, ce qui n’est pas pour nous déplaire. On sent une vraie dynamique culturelle et sociale dans ce pays, avec moins d’inégalités qu’au Pérou, par exemple. Une vraie politique de santé publique également, ce qui nous est fort utile ! On retrouve les messages éducatifs contre l’ignorance ou ceux mettant en garde contre les méfaits des drogues et de l’alcool, qu’on voyait sur les murs boliviens.  A cet égard, et de notre point de vue, l’Equateur est à rapprocher de la Bolivie alors que le système plus libéral et inégalitaire du Pérou s’apparentera plus à celui de la Colombie…

Bon, pendant le concert de Bomba Estereo, tout le monde n’a pas suivi ces messages préventifs mais l’idée est la !!

 

On quitte Quito (ah ah!) pour Tulcán et la frontière colombienne. Et aussi pour se remettre la tête à l’endroit, car c’est sur cette route qu’on repasse la « Mitad del Mundo », et il faut dire qu’on en a bien besoin…

 

Ça y est, nous y revoilà, dans l’Hémisphère Nord finalement (quasiment un an jour pour jour après notre passage dans l’Hémisphère Sud). Toujours plus à l’Est qu’on disait… C’est pas toujours possible en fait (surtout quand t’as pas envie de boucler la boucle et de rentrer !).

Par contre, une nouvelle succession de bus, ça oui, c’est toujours possible ! J1 : Quito-Tulcán, J2 : Tulcán-frontera-Ipiales-Pasto, J3 : Pasto-Popayán (ouf ! c’est quand qu’on arrive, papa – eh merde qu’est-ce que je raconte, moi !!!)

Première leçon sur la Colombie : les bus coutent une fortune. La seconde concerne l’état des routes : lamentable. La troisième ne nous concernera pas (heureusement !) : elles peuvent être assez dangereuses (les routes) car des bandits de grands chemins (les Farc) dévalisent les bus touristiques (nous) dans les montagnes, de temps à autres… Bref, Le Nouveau Western.

 

Popayan, la ville blancheCe ne sera pourtant pas une ville poussiéreuse du fin fond du Far West qui nous accueillera. Popayán, la ville blanche colombienne, est même très coquette. Paisible, elle est située au milieu de la Vallée du café (nouvel aparté économique : le café en Colombie n’est pas aussi bon qu’on pourrait le penser car le pays exporte tous ses meilleurs crus !). Cette première étape colombienne nous plait bien et la Colombie s’annonce riche de belles promesses… Sauf que, c’était sans compter sur le cout de la vie là-bas. Les informations que nous avions étaient complètement erronées et notre budget crève un plafond jamais atteint jusque-là. Le truc, c’est que la cagnotte globale s’amenuise et qu’il devient difficile de budgéter nos dépenses de base (dormir, manger et se déplacer). Telle la France, nous vivons au-dessus de nos moyens ! Et là, ben ça commence à craindre car selon nos plans, nous devons remonter l’Amérique centrale, le Mexique et les States en deux mois environ, mais toujours avec ce même budget mensuel (1000€ pour nous 2). Les pays à venir sont de plus en plus chers et l’on se demande sérieusement comment on va pouvoir faire…

A cela s’ajoute une difficulté géographique majeure : il n’y a pas de frontière terrestre entre la Colombie et le Panama. Problème géographique qui se transforme en un problème financier puisqu’il n’y a que deux solutions pour traverser : une combinaison très sportive façon Indiana Jones de bus – petit rafiot – petit avion, ou bien une croisière de 4 jours sur un voilier depuis Carthagène des Indes. Si la seconde est plus simple et plus classe, elle n’en est que plus onéreuse. Mais finalement, toutes ces tergiversations sur comment aller d’un point A au point B de la manière la plus économique deviendront bien secondaires quand on s’apercevra que notre assurance privée de voyage ne couvre pas « l’état de grossesse » comme ils disent, et que nous n’avons plus de sécurité sociale en France non plus !

 

A partir de ce moment, il faut recentrer les priorités. Un retour en France est prématuré, nous ne sommes tout simplement pas prêts. Quelle est alors la meilleure solution ?

François et Sophie débattent, extrait d’un dialogue (les annotations en italiques sont des recommandations d’interprétation purement fictionnelles !) :

Sophie (un peu hypocondriaque et frisant l’hystérie, elle panique à l’idée de ne pas pouvoir être prise en charge en cas de pépin) : « Que veux-tu faire ? Prendre à gauche vers le Panama et continuer coute que coute ? Ou bien prendre à droite vers la Caraïbe et profiter des plages de sable fin pour faire l’autruche ?!!! T’as pas autre chose à proposer ? Et qu’est-ce qu’on va dire aux parents, hein ?! »

François (fin stratège du voyage, il a l’œil brillant et l’air satisfait devant Google map…) « Peut-être qu’il y a autre chose à faire… Regarde bien la carte de la zone Sophie. Qu’y vois-tu ? »

Sophie (devenue plus blonde que jamais) : « Chais pas, j’ai toujours été nulle en géo. J’crois que j’ai eu 9 /20 au bac ! »

François (il soupire mais fais preuve d’une grande patience – il a été prof de guitare 12 ans de suite tout de même…) : « Si tu regardes bien, tu peux y apercevoir un petit archipel dont le nom des iles fait bien rêver. Les Grenades, la Dominique… et finalement la Guadeloupe et la Martinique ! C’est pas français là-bas ? »

Sophie (feignant toujours une certaine candeur, on est en territoire machiste faut pas l’oublier !) : « Ouais, mais qu’est-ce que tu me racontes la ???! »…

Fin de l’extrait. Quel suspens !

Google Maps

 

Bon, il faut reconnaitre que c’est un peu difficile d’accepter l’idée de bouleverser à ce point notre itinéraire. La Guadeloupe… On réfléchit vraiment à chacune des options qui s’offrent à nous car l’important est de nous préserver tout en ne reniant pas notre projet. Surtout ne rien regretter, mais le choix s’avère très difficile. Nous décidons alors de nous rendre à Carthagène car, quelle que soit la direction choisie, ne pas voir Carthagène nous semble impossible. Depuis cette magnifique ville fortifiée (une espèce de Saint-Malo coloré et ensoleillé !), tout est encore envisageable. Et puis un jour, on tombe d’accord. La Guadeloupe sera une étape de notre voyage. Nous trouvons essentiel de nous reconnecter avec le système français avant d’entreprendre tout autre projet d’aventure (encore nombreux) ! Ouf, on va enfin pouvoir se reposer car on se rend compte qu’on en a vraiment besoin. Et surtout, on va enfin pouvoir le dire à la famille. Nous sommes bientôt mi-mars et cela fait près de 2 mois que Polly(chinel) est avec nous…

 

Carthagene des IndesC’est ainsi que nous profiterons enfin détendus de la fin de notre séjour en Colombie. Notre vol est prévu le 22 mars au départ de Caracas. Et comme on l’a déjà dit, y’a plus qu’à y aller ! Carthagène, joyau architectural du pays, nous ravira pendant près d’une semaine. S’ajoute à cela de chouettes rencontres dans notre guesthouse : ça faisait bien longtemps qu’on avait pas croisé des musiciens ! Ceux-là sont français mais vivent respectivement à New-York et à Londres et ils voyagent tous deux avec leur compagne et bien entendu… leur guitare ! Ensuite, petite pause à Santa Marta et sur la cote caraïbe et enfin, dernier grand voyage en bus pour aller saluer Chavez ! On se donne 2 jours dans la capitale vénézuélienne ou l’on aura le temps de se faire le musée d’art contemporain ainsi qu’une petite rétrospective sur la vie del Libertador, Simon Bolivar, éminent personnage historique pour toute l’Amérique du Sud. Il semble ainsi que la boucle soit bouclée… celle-là en tout cas !

Mais une chose est sure, pour notre prochaine destination, on aura des valises à roulettes..!

 

kENAVO

 

Patria nous voila !

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15 mars 2012

Ils ont aussi des chapeaux ronds... !

A LIRE EN DIAGONALE !!! ;)

 

Chers amis blogueurs, BONJOUR !

 

Que direAh, que dire de ces dernières semaines qui sont à la fois passées très vite (car bien remplies évidemment) mais qui ont été en même temps véritablement synonymes de torpeur pour nous. Nous sommes une fois de plus à la bourre dans la tenue de ce blog mais l’humidité froide des montagnes ou bien celle étouffante de la jungle, nous a comment dire… laisser sans mots, naviguant entre fainéantise tropicale et cocooning hivernal pour ce qui concerne notre devoir de voyageurs.

D’autre part, le temps s’accélère et il nous est compté désormais. Et oui, qui ne sait pas encore que le temps… c’est de l’argent même pour nous autres qui l’avons pris (notre temps) alors qu’on en avait pas tellement (de l’argent) ! Vous êtes perdus ? Moi aussi !! Et malgré les enseignements sur le fonctionnement de la bourse pêcho en Oz, ben bizarrement, ça c’est pas multiplié ! Que faire une fois de plus ?! Hé Hé !

On a beau être cigale, on a beaucoup observé les fourmis (de toutes sortes d’ailleurs). Elles suivent irrémédiablement leur route et leur plan. Alors la question pour nous est simple : c’était quoi notre plan déjà ? Ah oui, dans l’idéal de notre voyage, c’était boucler la boucle en arrivant au… Canada pour y tenter peut-être une autre aventure : l’expérience de vivre et travailler à l’étranger.

Et bien nous savons que cela est désormais possible car nous avons obtenu le sésame : le fameux Working Holiday Visa. On vous en avait parlé depuis l’Australie mais il nous était fermé dans ce pays car nous avions plus de 30 ans. Au Canada, c’est un peu différent puisqu’ouvert jusqu’à 35 ans, mais les places sont limités à 6000 personnes par année. Et c’est avec beaucoup de détermination que nous avons réalisé toutes les démarches depuis l’Australie. Faire une demande pour un visa tel que celui-là n’est pas aisé, surtout depuis l’étranger. Et bonjour la pression. Chaque jour, tu peux voir sur leur site internet le nombre de places restantes baisser à vitesse grand V. Le plus important étant de leur envoyer le dossier complet tant qu’il en reste, sinon c’est refus de candidature.

En 3 semaines, c’était terminé. Il n’y avait plus de places dispos mais notre envoi avait été fait à temps. C’est  à ce moment-là que commence la longue attente de 8 semaines, délai nécessaire pour le traitement d’un dossier par leurs services. Plusieurs étapes dont on vous passera les détails, un gros coup de nerfs avec les services postaux australiens quand ils se trompent en nous annonçant que notre courrier est toujours à Melbourne 2 semaines après l’avoir posté… Mais tout ça, c’est déjà oublié. On est en Bolivie quand on apprend que c’est bon, on l’a. Maintenant, y’a plus qu’à remonter…

 

BienvenidosEt on peut dire qu’on est pas rendu, le Canada c’est quand même pas la porte à côté !

Mais en attendant le Grand Nord, nous voici au passage de frontière de La Quiaca. Et c’est toujours comme ça quand tu passes une frontière : en l’espace de quelques centaines de mètres, tu te retrouves dans un environnement radicalement différent.

Ah la Bolivie… sacré contraste avec l’Argentine.. Déjà on redevient (plus) riche ! Ça aussi c’est un truc bizarre, la grande relativité du pouvoir d’achat quand tu voyages.. Et forcément les relations avec les gens sont plus distantes, du moins dans les zones touristiques. Toujours ce foutu rapport à l’argent.. Le fossé est également plus important car la société est beaucoup plus traditionnelle qu’en Argentine. Et enfin l’altitude : la partie andine du pays est un plateau perché a plus de 3000m de haut, et même souvent proche des 4000, ce qui peut être parfois déstabilisant. En bref, ça plane pour nous !

Pour commencer, on suit la horde d’Argentins fraichement débarquée en direction d’Uyuni et de son célèbre « Salar » (désert de sel). Le voyage en train dans les Andes est à la hauteur des rêves de Sophie : on voit rien (car il fait nuit), on est stoppé par des inondations et on arrive avec 6 heures de retard (de toute façon on a pas de leçon à donner sur la ponctualité !).. Le p’tit train s’en va dans la monta-gneu !!

Uyuni, c’est le genre de place ou on ne se sent pas vraiment à l’aise. La ville a un air plutôt factice et ne vit que sous perfusion touristique. Les tours sont au taquet et les arnaques sont légions.. De toute façon, comme d’hab’, ça nous branche pas de visiter le Salar avec un tour organisé. Et puis c’est trop cher. Mais, comme d’hab’ également, les accès au désert ont l’air bien verrouillé. Alors on glande là 2-3 jours, en se disant qu’on irait bien jeter un coup d’œil à ce mystérieux Salar qui a quand même l’air d’être de toute beauté. Et c’est toujours quand tu laisses le temps faire que les choses se décantent et que les portes s’ouvrent… IL Y A UN BUS !! Eh oui, il y a toujours un bus (!), qui traverse le Salar en 6 ou 7 heures et qui t’amene à Llica pour 35 Bolivianos (environ 3,5 euros je crois). Nous, ça nous va comme « tour » et c’est moins cher que les 80 ou 100€ que demandent les agences.. Mais paye ton bus !! C’est plutôt un sous-marin monté sur des roues de tracteur ! En même temps il faut c’qu’il faut car il y a pas de routes et le Salar est inondé en ce moment..

LE busBon le truc qu’on savait pas, c’était que ce bus avait beau être impressionnant, l’état du moteur  l’était un peu moins.. La fameuse loi des apparences.. Qu’à cela ne tienne, ces mésaventures mécaniques nous permettront de vivre une des plus belles expériences de notre voyage en terme de carte postale…

Notre bus-sous-marin arrivant pour sa pause du midi (mais a la nuit tombée !) au milieu du désert,  on décide de rester là pour y passer la nuit. On prendra le bus du lendemain pour finir le trajet… L’endroit s’appelle « Isla Incahuasi » et nous parait  enchanteur. En plus, il y a même des chambres (30 Bolivianos par pers., avis  aux voyageurs), ce qui nous évite de planter la tente (mince encore raté !), et ce qu’on s’était bien gardé de nous dire à Uyuni. Franchement, on a passé là 2 jours magiques (eh oui 2 jours car le bus n’est repassé que le surlendemain, on se demande pourquoi !), seuls au monde, en compagnie de la poignée d’habitants de l’ile, de ses 2 lamas et 16.000 cactus !!! Un souvenir de paix inoubliable.

 

 

Mais bon, la paix ça ne va qu’un temps (malheureusement) et on commence à flipper quand on trouve que les gens de l’ile sont quand même un peu bizarres et que le bus ne vient pas.. !

 

« Une voile en vue !» On se serait cru dans une aventure d’Astérix, en haut de notre vigie, guettant l’arrivée de notre bus-libérateur. C’est qu’on se croit vraiment en mer quand on est là-bas, avec toute cette immensité de blanc immaculé autour de nous..

 

LlicaLes expériences qui suivent sont beaucoup plus authentiques du coup, puisqu’on est sorti de la route touristique. Llica est un charment petit village à l’orée du Salar, mais de l’autre côté, et les gens y sont vraiment plus aimables. Oruro nous scotche plusieurs jours avec son rythme de vie pépère, ses marchés et ses fanfares à tous les coins de rue. On y rencontre Pete et Mai, couple anglo-espagnol, « grands-voyageurs » comme nous (eh oui, on est monté en grade maintenant !) avec qui on échange beaucoup. On se promène, on se repose, on fait des grasses mat’… Bref on se pose un peu et ce n’est que le début d’un désir de « posage » qui va fortement s’accentuer avec le temps…

Apres avoir choisi de prendre la route du lac Titicaca (on s’est dit quand même…) et non celle du Chili, on retrouve nos argentins à La Paz où, comme d’habitude, ils se sont agglutinés dans un ghetto à backpacks pour boire des bières (on a rien contre ça, bien au contraire, mais on est plus dans cette vibe là à ce moment). La Paz nous plait bien même si on ne reste qu’une nuit car on a un peu trainé  ces derniers temps et on a un planning à tenir, faut pas déconner !!

Donc nous y voilà, à Copacabana, sur les bords du lac Titicaca. Eh oui, nous ne le savions pas non plus mais Copacabana ce n’est pas qu’au Brésil, c’est aussi en Bolivie ! Copacabana 2, petite ville ultra-touristique, où tu viens te « ressourcer » sur les bords du lac mythique et visiter la tout-aussi mystique île inca « Isla del Sol » (Ile du Soleil), qui est un endroit vraiment bluffant pour peu que tu fasses abstraction A bicyclettedu mercantilisme ambiant… Heureusement que c’est très joli par ici. La ville est quand même plus attrayante qu’Uyuni et les paysages autour sont vraiment magnifiques. Il nous reste plus qu’à trouver une nouvelle fois comment contourner la « locura del tour » ! Et c’est à vélo (mon Dieu quelle idée, merci Julien Leblay !) qu’on décide d’explorer le coin. Ici, un petit rappel s’impose : vous vous souvenez du début de ce post, la situation géographique de la Bolivie et tout… Le lac Titicaca est situé à une altitude de 3800m et on a très vite fait (enfin ça dépend..) de dépasser les 4000.. pour redescendre.. puis remonter… Enfin vous voyez c’que j’veux dire ! Je sais pas si Sophie est toujours OK pour faire notre prochain voyage à vélo, on en a pas trop reparlé (désolé Julien !).. ! En tout cas, on sera en forme pour notre prochaine visite touristique ET sportive : le Machu Picchu !

 

Car Copacabana, c’est aussi notre porte de sortie vers le Pérou. Apres avoir essayer de se faire bénir nos chaussures de marche au cours d’une cérémonie arrosée à la bière (les chaussures bien sûr !! NB : la ville est célèbre pour une cérémonie ou l’on fait bénir… son véhicule !! ainsi que pour sa vierge qui réaliserait tout ce que désire le bon chrétien qui le lui demande), on reprend donc la route. Elle longe une bonne partie du Lac qui est définitivement impressionnant par sa grandeur. Par contre, les paysages du coté péruvien sont nettement moins ravissants. Les villes ne semblent pas finies, sur chaque maison on peut voir les prémices d’un second étage qui ne sera jamais terminé. Une nouvelle fois, gros contraste avec la société bolivienne traditionnelle et finalement plus paisible. Au Pérou, les choses semblent aller vite, très vite et comme souvent, quand c’est vite fait…

Mais ne restons pas sur ces premières impressions. Elles ne sont évidemment pas toutes trompeuses (il y a beaucoup de pauvreté, à l’orée des villes notamment). Par contre, elles permettent toujours de s’étonner des découvertes suivantes. Finalement, la ville de Puno où nous débarquons possède un joli centre à l’architecture coloniale et des places animées de « buskers » humoristes ou de fanfares à tout va. Les gens chantent et dansent, et ils ont bien raison car ça caille ici la nuit ! Au-delà du simple folklore, ils nous semblent plus joyeux et ouverts que leurs proches cousins andins boliviens…

Puno est aussi au carrefour de 2 routes : celle de Cuzco et du MP comme on dit, ou celle d’Arequipa, route réputée la plus dangereuse du pays (dixit le Lonely). On choisira la seconde car on en a un peu marre d’être perché là-haut. Arequipa, la ville blanche du Pérou, est la promesse d’un climat moins hostile. Et après une longue nuit de bus sur LA route, promesse tenue. On peut enfin enlever les pulls en laine d’alpaga et chausser les tongues. D’autant plus qu’on y a trouvé un super hostal pour une fois. On a même un service de p’tit-déj sur la terrasse ! Le rêve quoi, ça ne nous est jamais arrivé de tout le voyage (ou presque)..

Arequipa 

 

 

 

La ville est superbe, nichée au pied de 3 volcans aux sommets enneigés. Nous sommes une fois de plus complètement ailleurs… Des souvenirs de toutes sortes remontent comme le Maroc ou même Jaisalmer que l’on avait tant aimé en Inde. On y passera 4 jours à déguster les paysages, à partager avec nos voisins allemands. Tranquillement, en prenant notre temps car c’est définitivement ce que l’on préfère ! Mais maintenant, il est temps de passer aux choses sérieuses : nous avons décidé, nous allons le faire, nous allons visiter le Machu Picchu !

Et oui, on avait quand même un peu hésité car il s’agit-là de l’Aaaattraction touristique du pays et ça nous fait un peu peur. En fait, l’accès à la ville d’Aguas Calientes située au pied du site inca est complétement verrouillé, à savoir qu’il n’y a pas de route mais seulement le train depuis Cusco. Cette liaison ferroviaire s’avère être la ligne de train la plus chère du monde ! Autant vous dire qu’on est définitivement hors budget sur ce cou(p)t là, c’est à peu près l’équivalent de ce que l’on dépense en 15 jours de voyage ! L’autre possibilité est d’accéder à pied par le célèbre « chemin de l’Inca », tout aussi cher et verrouillé (alors que tu marches !) et, qui plus est, fermé à cette époque de l’année pour maintenance !

 

J'ai raté l'train [800x600]Heureusement, il existe une 3eme alternative : la route par derrière ! Surement qu’un jour un backpaker fauché a remarqué sur une carte qu’il existait une autre ligne de chemin de fer (plus ou moins) désaffectée, reliant Santa Teresa à Aguas Calientes. Il suffisait juste de marcher en suivant les rails.. Depuis cette route « économique » est plutôt devenue une autoroute et c’est assez surréaliste de croiser des flux incessants de jeunes voyageurs, se rendant ou revenant du MP, à n’importe quelle heure du jour… et de la nuit ! Mais la randonnée est plutôt sympathique et la petite ville de Santa Teresa, très agréable. Le plus dur et le plus long dans l’histoire étant d’aller jusqu’à Santa Teresa.. !

Et le Machu Picchu me direz-vous ? Et ben ça vaut le coup quand-même ! C’est vraiment grandiose, particulièrement la vue depuis le Wayna Picchu, le pic qui surplombe le site et qui vaut largement sa petite heure sup’ de grimpette. Et ce qui est marrant c’est que d’en haut tu vois tout le chemin que t’as fait en bas. Du coup quand tu rentres, tu lèves plus la tête et tu t’aperçois que tu ne fais que tourner autour de la cité perdue. Ah qu’ils étaient forts ces Incas pour dissimuler une forteresse dans un endroit pareil ! Par contre, elle était tellement bien cachée qu’ils l’ont peut-être paumée.. ! Car beaucoup de mystères subsistent encore au sujet du Machu Picchu… Alors retraite royale, cité de prestige voulant préserver la culture inca ou ville fantôme abandonnée ou.. OUBLIEE ??? Gloups…

MP, vu du Wayna Picchu

 

 

 

 

Toujours est-il qu’on se sera encore fait les fessiers ces derniers jours ! Retour au pas de course, car sous des trombes d’eau, et repos à Santa Teresa, avant de revenir à Cusco pour profiter des charmes de la ville. Le trajet qui nous attend ensuite nous fera avancer encore un peu plus… dans notre rejet du voyage en bus (!) : 22 heures (en grande partie dans la montagne) pour rejoindre Lima, et encore une nuit blanche !

 

Hotel vue sur tankLa capitale péruvienne ne restera pas vraiment gravée dans nos mémoires. Elle est à l’image du pays avec un énorme fossé entre les quartiers pauvres pas toujours très surs, il faut bien l’avouer, et les quartiers riches du front de mer, qui puent le bling-bling.. Forcément, on est allé se poser dans un hostal pas cher du centre, mais de l’autre côté du pont, et on ne fera pas toujours les malins en se baladant dans le quartier..  Heureusement il y a un tank garé devant notre hôtel ! Et toujours de bonnes âmes quand même pour te dire « Non, n’allez-pas par-là », ou pour tout simplement partager une discussion dans un parc. Mais d’une manière générale, on trouve la ville dure et les gens fatigués..

 

Le point positif : on est à la mer. Et ça fait un moment qu’on attendait de redescendre de cette foutue montagne qui nous coupe de l'horizon ! On est Bretons ou bien ?!!! Bon, le problème c’est que la cote péruvienne, elle ne ressemble pas trop à la Bretagne ! D’un côté, c’est le désert avec parfois des dunes de cailloux et de poussière, et de l’autre, eh ben je ne dirais pas la plage mais c’est plat, toujours poussiéreux  et y a effectivement de l’eau mais qui ne donne pas forcément envie de rentrer dedans.. Et y a comme un voile en permanence sur l’horizon, qu’on mettait sur le compte de la pollution tant qu’on était en ville mais qui persiste le long du littoral… Un autre mystère non-résolu.. ! Qu’à cela ne tienne, notre ville étape sur la côte est quand même fort accueillante, et particulièrement la fratrie de jeunes surfeurs qui tient la guesthouse où l’on atterrit ce matin-là. Curieux : on discute, musiciens : on bœuf, péruviens : ils nous réconcilient avec ce pays où l’on aura vécu finalement une expérience mitigée, à l’image de notre dernière nuit dans un bouge de Piura où nous serons réveillés en pleine nuit car des pluies torrentielles ont infiltré le toit, inondé la chambre et transformé le lit en véritable baignoire !

 

AdiosAllez, il est temps de changer d’air et d’aller voir ce qu’il se passe en Equateur !

Et on peut d’ores-et-déjà dire qu’on ne sera pas déçu…

Ciao amigos, que le pasa bien !

Posté par francoisetsophie à 06:52 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
02 février 2012

VIVA ARGENTINA !!!

 

Attention : post très détaillé !

 

¡ Salud !Hola que tal ? Pour nous ça roule toujours, c’est le cas de le dire ! A l’heure où j’ai commencé à écrire le blog, on reprenait un énième bus, celui-là pour passer la frontière bolivo-péruvienne, le long du lac Titicaca après de 4000m d’altitude… Ca fait peut-être rêver mais, comme toujours, c’est pas (forcément) les endroits les plus connus et les plus touristiques qui sont les meilleurs.. On en reparlera !

Alors on avait déjà commencé à vous le dire et on peut le confirmer aujourd’hui : on est vraiment super content d’être arrivés en Amérique du Sud.. C’est un tout nouveau voyage qui a commencé et qui dépasse encore une fois nos espérances…

L’Argentine a vraiment été terrible, au niveau des rencontres particulièrement. Les Argentins nous ont en effet accueillis à bras ouverts et nous avons passé d’excellents moments en famille et en fiestas.

A Buenos Aires d’abord, c’est la claque. Quand on arrive de pays anglo-saxons comme l’Australie ou la NZ (ou la société a un peu un balai dans le cul il faut bien le dire, si c’est pas déjà fait...), on se dit : MAIS Y A D’LA VIE ICI !!!! C’est vraiment le premier truc qui nous a frappés. La jeunesse argentine (et particulièrement ‘’Buenos Aérienne’’ !) est en ébullition : ateliers d’artistes, revendications politiques, musique partout… Hyper ouverte et curieuse : notre hébergement a BA est une sorte d’auberge espagnole ou l’on côtoie de jeunes étudiants et travailleurs de toute l’Amérique du Sud, Argentine bien-sûr mais également Chili, Colombie (avec une mention spéciale pour les Colombiens, on a hâte d’y être..) et même Roumanie ! Les soirées sont animées de discussions et de musique (rien de tel pour se mettre dans le bain de l’espagnol rapidement !). On discute aussi beaucoup de la situation politique et économique (franchement pas évidente, mais j’ai comme l’impression que c’est un peu la mode en ce moment, non !!?) avec la tenancière de l’endroit. Et, cerise sur le gâteau, ils ont tous des rêves de voyage et forcément notre projet les fascine, ce qui favorise encore plus le contact.

Le seul inconvénient : pas toujours évident de dormir d’autant plus qu’on a beaucoup de mal à se remettre du décalage horaire (rappelez-vous 16 heures de remontée dans le temps c’est pas franchement naturel et, faute de rajeunir, on a plutôt pris un coup de vieux dans l’histoire !!)

 

L’étape suivante se nomme Rosario à quelques heures de train au Nord-Ouest de Buenos Aires. On avait rencontré, Oh, Che grand !quelques jours plus tôt dans l’avion, Demian, musicien originaire de cette ville et immigré depuis 20 ans à Los Angeles. Etant en déplacement dans sa ville natale pour un concert entre « musica classica y electronica » (soi-disant !), il nous avait convié à l’évènement. Bon, on peut pas dire qu’on ait kiffé la prestation de notre ami, bien que le site de la Plaza de la Bandera était quand même grandiose. On aura préféré la 2eme partie du concert, avec l’orchestre de Rosario et… sans lui ! Mais grand bien nous pris de nous rendre dans cette ville qui nous a vraiment charmée, donc merci Demian ! Rosario, la ville natale du Che (et sans doute sa statue la plus pourrie !), son ambiance « laid-back » (diraient les Aussies), et ses petites terrasses (ou simplement trottoirs) animés… Ah oui, un autre avantage de l’Argentine (et non des moindres) : l’alcool et le tabac coutent que dalle ! (Avis aux amateurs)

Finalement, on quittera Rosario avec une pointe de regret mais il faut bien continuer à avancer… Direction Cordoba, plus grande et beaucoup plus courue, plus connue et plus chère aussi. On accroche pas plus que ça et, surtout, on a remarqué un truc en Argentine : il y a des campings partout.. Et personnellement il me tarde d’utiliser cette p*** de tente qui sert à rien et que je me trimballe depuis la Bulgarie !!! (vous savez qui c’est qui écrit la !!?). Enfin non, il faut quand même être honnêtes, elle a servi cette p*** de tente… : 8 fois exactement si mes comptes sont exacts (1 à Istanbul + 1 à Goa + 4 en OZ + 2 en NZ = 8, c’est ça !) Ne soyons-pas médisants !!!

Allez hop, direction le camping municipal de Cordoba, ce qui est en soi une aventure a part entière.. D’y aller déjà : c’est à 13 bornes de la ville et y a pas de bus jusqu’au bout. Il fait plus de 40° et on finira a pieds, ah non ouf une bonne âme nous prend en stop pour les 2 derniers km.. ! Le camping en lui-même est plutôt roots (avec quand même, à la différence de l’Ukraine, douche, toilettes et ramassage des poubelles de temps en temps..). Et des BBQ en veux-tu en-voila, là-dessus même combat que les Aussies pour la bidoche, mais eux sont restés à l’ère du feu, ce qui n’est pas plus mal (cf video ci-dessous sur les BBQ électriques ou au gaz en Australie !)

 

 

Et pis on peut dire qu’on a la place pour se caler avec notre gentille-mignonette petite tente : y a que nous et, à quelques centaines de mètres, une famille de Rosario justement ! (fort sympathique même si on a un peu de mal à décrypter ce qu’ils nous racontent parfois..!)  Faut dire qu’il faut être assez motivé pour venir y passer ses vacances : le Rio d’à côté est quand même relativement immonde et il fait un peu 45 degrés à l’ombre ! Se baigner ou pas, such a dilemma ! Des groupes d’Argentins (uniquement males..) viennent faire la teuf jour et nuit (on dirait pas mais c’est qu’on approche de Noel), utiliser les barbeq a l’œil, nous enfumer et nous empêcher de dormir.. Et le vent : un vent si chaud qu’il te dessèche littéralement (je pense qu’il nous restait pas plus de 20% de flotte dans le corps à la fin.. !) On y restera 3 jours, sans bouger et sans pisser une goutte, mais… heureux !

camping a CordobaHeureux de faire des économies également, car l’Argentine c’est quand même pas donné (à moins de ne consommer que de l’alcool et des clopes ce qui, étant donné les conditions climatiques évoquées ci-dessus, réduirait même la durée du voyage !)

Du coup cette petite expérience champêtre nous donne une nouvelle super idée pour faire des économies : pourquoi-pas remonter vers le Nord en stop !!? Hein pourquoi-pas, histoire de se faciliter la vie et se rafraichir un p’tit coup ? Mais avant de commencer cette nouvelle épopée, il nous faut trouver un coin sympa pour passer la Noel justement. Et soudain, c’est la révélation : nous irons à JESUS MARIA !!! (on s’est dit que ça sonnait bien pour Noel, non !!?)

 

Et tels Marie et Joseph a 1 jour BC, nous avons dû faire du porte-à-porte pour trouver logis car tous les hôtels sont… complets voire fermés ! Tellement bizarre pour un 24 décembre ! Evidemment nous n’avons pas de réservation et il ne reste que le 3 étoiles ‘’Le Napoléon’’ comme option. Trop cher… Que faire ? Il ne reste plus qu’à prier pour qu’une bonne âme (une autre) nous ouvre la porte de son jardinet pour y planter la tente. Et c’est justement à l’église que nous trouverons une réponse ou presque ! En cette fin d’après-midi, quelques femmes y avaient organisé une réunion. Alors on leur explique : nous sommes un couple de voyageurs qui se retrouve à la rue pour la veillée de Noel. Connaissent-elles un endroit où il est possible de se caser ? Gagné ! Il semble qu’a quelques rues de la, une femme loue une chambre dans sa maison. Soulagés, nous nous y rendons rapidement car le temps passe et c’est le branle-bas de combat des préparatifs pour la soirée dans les chaumières… Sauf dans la maison qui nous intéresse : personne !

Bon, à ce moment de l’histoire, on commence à se demander pourquoi on n’est pas resté dans un hostal pour backpacks à Cordoba pour passer notre soirée à picoler !!! On reste un peu cons devant la porte fermée, se disant qu’il est évidemment normal que cette personne soit en famille quelque part ailleurs pour Noel.

Chez CarmenMais cette histoire trouvera finalement une issue heureuse et l’on trouvera asile chez Carmen. Nous invitant à patienter chez elle en attendant de trouver la Doña qui loue sa chambre et qu’elle connait très bien ceci dit en passant, elle proposera d’abord de planter la tente dans son jardin, puis au fil de la conversation de dormir dans la chambre libre (son fils est absent) et au final de partager le repas de Noel en compagnie de son amie Suzana et sa fille Salma. Ce sont en effet deux femmes élevant seules leur enfant qui se réunissent pour passer les fêtes ensemble et en profiter pour boire un petit coup quand même.  Au programme vin rouge pour accompagner un repas simple et typique d’un pays d’influence hispanique : milanesa de carne con papas y ensaladas, champagne pour minuit avec festival de feux d’artifice dans les rues et Fernet (alcool local très populaire qu’on mélange avec un soda…). Adorables ces deux femmes et premier souvenir impérissable d’Amérique du Sud… On voulait partir le lendemain mais Carmen nous invite à rester un jour de plus : pas de refus, nous sommes crevés et puis il faut préparerla suite en stop… Nous voulons remonter jusqu’à Tucuman si possible.

 

Vamos a TucumanLe stop justement. En Argentine, il faut surtout compter sur les chauffeurs-routiers. Les gens en voitures ne s’arrêtent pas en général, ils ont peur de se faire détrousser. Nous, on pense plutôt à l’inverse : ‘’2 gringos sur les routes, ils doivent avoir plein d’argent !!!’’ Quoi qu’il en soit, notre atout : être un couple, car la présence d’une fille dans l’histoire rassure. A cela, il faut ajouter un problème de régulations : les routiers prennent moins de stoppeurs car ils sont responsables des personnes présentes dans leur cabine en cas d’accident. Nous voici donc en direction du Nord. Comme le dit la pancarte ‘’Vamos a Tucuman, Gracias’’.

 

Apres deux heures à poiroter sur le bas-côté de la route (quand tu commences vraiment à te demander si ça va marcher et que l’ombre régresse sévèrement), on décide de se taper un p’tit case-dalle, histoire de mettre un peu de carburant dans la machine. Et c’est toujours quand tu détournes ton attention de tes désirs que ça arrive ! Luis, chauffeur de 32 balais, s’arrête et nous pose enfin la fameuse question : z’allez ou ?!! Peu importe, juste plus au Nord. Contents que cette aventure tourne bien elle aussi, on s’installe tranquille dans la cabine. Sur la route, Luis nous invite même au resto (premier BBQ pour moi dans une parilla, le resto-grill traditionnel argentin – un délice !). On plaisante, on se présente… le courant passe super bien et il propose d’essayer de nous pousser plus au nord en prenant une nouvelle mission transport. On s’arrête donc chez lui, a Frias, pour démêler tout ça. On fait connaissance avec toute la petite famille : Georgina, sa femme et Augustin et Luisana, les tornades de la petite maison de banlieue. Le lieu est très modeste et puis ils sont bordéliques !

C’est là que l’histoire se complique : pas possible de repartir car le trafic routier est fermé au camion pour la nuit. Bon, ok pas de P : on plante (tu vois qu’elle sert cette p**** de tente !!!), départ prévu le lendemain dès la réouverture de la route… sauf… avarie électrique sur le camion, pas possible de repartir et sa mission qui lui passe sous le nez. Une nuit de plus sous la tente dans leur jardin et de bons moments en leur compagnie. Luis, coincé sans son camion, a un jour de congé forcé et quand on leur proposera d’aller faire un tour, ils nous dirons que ça fait juste super longtemps qu’ils n’ont pas pris le temps de sortir ensemble de leur maison.

Beau comme un camionLe moment des adieux avec la petite famille est très émouvant : Luis ne pourra définitivement pas nous emmener plus au nord, sa mission suivante le ramène à Cordoba. Mais il nous propose de nous trouver un nouveau camion pour la suite. Direction le parking de chargement d’une usine de ciment, à la rencontre du monde des chauffeurs-routiers. Il est près de 11h du soir et Luis nous laisse à l’attendre au milieu des semis pendant 2 heures, le temps pour lui de charger. A son retour, il nous trouvera un autre cam’s pour Salta (moins sympathique mais on arrivera rapidement à bon port) et nous laissera un super souvenir : une carte d’Argentine dédicacée par la famille. Rien que de l’écrire, ça me redonne envie de pleurer.

 

Et voilà comment, en voulant se rendre à Tucuman, on se retrouva largement plus au Nord.

 

Salta nous a plu tout de suite : magnifiques bâtiments de l’époque coloniale, jardins verdoyants, le tout entouré de montagnes et haut lieu de la scène musicale et festive argentine. C’est vrai on parle un peu beaucoup de fiesta, nous qui étions devenus sobres comme des images, mais ce fut notre réalité argentine, alors à quoi bon s’en cacher... Même peut-être un peu trop festive en cette veille de Nouvel An : tous les chicos de BA sont venus y faire la bringue et c’est un peu too much pour nous…

Viva Argentina !Alors après une bonne cuite (celle du 30, toujours la pire) et quelques jours passés à flâner dans la ville, on décide de lever les voiles le 31 à la recherche d’un spot pour le Nouvel An (ça sent le déjà-vu, non !!?). Mais là on a pris soin de réserver une chambre sur internet (hé hé on nous la fait pas 2 fois !). Bon c’est vrai quand on arrive à Purmamarca, la piaule a été louée mais la tenancière de l’endroit, Mama Coca, a quand même assez de professionnalisme pour nous caser dans celle de son fils qui sent le tabac froid (la chambre !), avec en prime une petite réduc’. Là encore on a du bol puisqu’une horde d’Argentins dégénérés a investi l’endroit et nous invite illico-presto à leur bouffe du soir. Au total une vingtaine de chicos survoltés et, heureusement pour moi, Léo qui parle anglais, assis juste à ma gauche ! Vraiment une super soirée ce passage à 2012 avec feux d’artifice (certaines fusées d’ailleurs tirées à l’horizontal dans la rue auraient fait pâlir les interdits australiens), musique sur la place en essayant de pirater le jus d’un lampadaire, guitares, bailar, cantar, bref tout l’tintouin habituel argentin.

Ils sont marrants ces Argentins : en pleine quête de liberté, ils voyagent pendant leurs vacances, la guitare en bandoulière. On les retrouvera d’ailleurs en masse sur la route Bolivie-Pérou. Un style punk-roots un peu « Yes I », un sens aigu du regroupement en bande (Sarkozy n’aurait pas aimé) et un p’tit côté nombrilo-m’as-tu-visme (qui nous saoulera un peu par la suite) permet de les repérer facilement. Mais il faut bien dire que c’est la première fois qu’on rencontre dans un pays une telle envie de voyage. Ça change d’être compris et de ne pas avoir besoin d’expliquer pourquoi tu as fait ce choix…

Quebrada de Humahuaca

Et voilà enfin, chers amis lecteurs, la fin de notre épisode « de cœur » argentin qui s’achève dans le Quebrada de Humahuaca. Il n’y a pas de mots pour décrire la magnificence cet endroit : des montagnes de toutes les couleurs d’une beauté à couper le souffle. On dirait même pas que c’est vrai.. ! Mais ce n’est que le début d’une série de paysages irréels qu’on traversera en Bolivie, puis au Pérou, et qui resteront graver dans nos mémoires…

Merci pour votre attention les amis, on sait qu’on a été un peu long mais c’était nécessaire (pour nous !). On vous embrasse bien fort et on vous dit à la r’voyure ! Portez-vous bien.

 

Nous 2.

 

Posté par francoisetsophie à 22:31 - Commentaires [2] - Rétroliens [0]
03 janvier 2012

Des vacances (ou presque) et ça repart !

Salut à tous ! Et bonne année 2012 (le renouveau spirituel…) !!!Encore une nuit blanche !

Ça y est, c’est là : un Noël de plus, un nouvel an aussi, passés loin de tous nos proches… C’est que vous nous manqueriez presque !!! Et ça, c’est pas du chiqué… Faut dire que voir les gens en short/débardeur a Noël, ça a de quoi vous déboussoler un bonhomme, même si celui-ci n’a pas vraiment connu d’hiver depuis… un bail (sans vouloir vous offenser !!!)

Bon, depuis que nous sommes passés de « l’autre côté », on se sent un peu plus proches de notre vieux continent et de vous tous bien entendu. Car rappelez-vous, à l’heure de notre dernier post, nous attendions notre avion pour la Nouvelle-Zélande. Un transit vers les Amériques…

Mais alooors me direz-vous, c’était comment la NZ ?!! « Ben pas mal !» vous répondra-t-on ! A dire vrai, pour le peu que nous en avons vu, nous avons vraiment eu un bon feeling avec ce pays, voire un gros coup de cœur pour les paysages de l’ile du Nord. Mais revenons-en au début… C’était mal engagé : un vol annoncé à 23h50 qui prend du retard…

Mais finalement pas trop. Juste 2 petites heures, histoire de prolonger un peu plus le plaisir de trainer dans un aéroport. Les aléas des transports quoi ! Bref, après une nuit blanche dans les airs, arrivée à Auckland à 7h du mat sans encombre, accompagnée d’un transit sans encombre vers la maison tant espérée du repos. Appelons-la « Chez Marion et Julien » (C’est qui ces 2 la ?!!!)

marion et julienMarion et Julien sont un couple de Français que nous avons rencontrés à Low Level en Australie. Ils sont partis de France le 4 juillet 2010 (la même date que nous, sympa non ?) mais A VÉLO !!! Bon là on se prend une claque, mes petites cannes et mes fessiers ont mal pour eux (devinez qui écrit ?!). Mais bon, quand on roule pour une bonne cause comme le Don du sang, on prend sur soi j’imagine (http://www.voyage-grand-coeur.org). L’histoire veut que nous soyons restés en contact et que l’on se retrouve, quelques centaines de kms plus loin, invités à partager une collocation avec ces voyageurs au grand cœur… Une aubaine pour nous autres qui avons vécu 9 mois dans les 5m² de notre camion : une maison !

Du repos, des échanges d’anecdotes et partage de nos points de vue sur les pays communs qui ont ponctué ces derniers mois… Et enfin, l’achèvement de notre plan de communication : la création d’une page Facebook ! Incroyable, inattendu pour tous ceux qui pensaient que nous pouvions être une cause désespérée du point de vue informatique… Nous voilà converti en véritables NERD de la toile, aficionados de la vie virtuelle. Voici le sésame : http://www.facebook.com/pages/Francois-Sophie/156919521075348

Pour tous ceux qui  en redemandent : DEVENEZ FAN, DITES « I LIKE » IT !!!!

Ça nous fait évidemment bien marrer quand on repense à nous, juste avant le départ, ne voulant même pas entendre parler d’un blog (un fil à la patte qu’on disait !!!) et v’la le résultat… Comme quoi, le voyage, ça change une personne !

Évidemment, nous ne nous sommes pas cantonnés à la maison seulement en Nouvelle-Zélande. Nos hôtes avaient finalement fait une petite entorse à leur régime de cyclistes avec l’acquisition de 4 autres roues et d’un moteur ! Heureusement pour eux car sinon, notre petite virée au Parc National de Tongariro n’aurait pas été la même s’ils avaient dû nous tracter sur leur porte-bagages !

Le Mont Ngauruhoe

Le Tama Lake

Et on peut dire qu’on a pas été déçu : c’est vraiment magnifique par là-bas (petite info culture G au passage : c’est là qu’a été tourné le Seigneur des Anneaux, tout d’même !). Les paysages néo-zélandais sont à la hauteur de leur réputation… quand on peut les voir ! Effectivement, c’est un peu le problème du coin : le temps est plutôt capricieux et peut changer du tout au tout en quelques heures (mais ce n’est pas sans nous rappeler notre chère Bretagne, donc ça passe.. !).  Le dernier jour a Tongariro a d’ailleurs été assez épique a cet égard : on a rien vu et on en a bien chié !! Du coup on a raccourci un peu le séjour pour se rentrer au chaud à Auckland, profiter du confort et préparer la suite : l’Attaque de l’Amérique du Sud ! (non ce n’est pas un nouvel épisode de Star Wars !). A commencer par se délester de quelques kilos (en espérant que les colis arrivent à bon port), le plus dur étant finalement de remettre les sacs sur le dos !

On s’est donc envolé le 11 décembre dernier pour une remontée de 16 heures dans le temps…

C’est quand même un gros morceau qui nous attendait et franchement on est aux anges : l’Argentine c’est de l’balle !! On y est depuis 3 semaines et on s’éclate !

Promis on vous raconte ça bientôt…

 

Des étoilesEn attendant : FELIZ ANO 2012 y SUERTE !!!

cIAO !

Posté par francoisetsophie à 04:54 - Commentaires [1] - Rétroliens [0]
30 novembre 2011

THAT’S AWE---SOME, WE DID IT !!!!!!!

Salut les potos !Salut la compagnie !

 

Ouais on sait, on avait pas donné de nouvelles depuis quelques temps mais c’est qu’on a été un peu la tête dans le guidon ces dernières semaines.. Enfin ça va mieux maintenant et on est très heureux de vous annoncer que ça y est c’est fini !! Après  9 mois passés sur les routes  australiennes, plus de 20000 km parcourus, 245 heures de busking, 7532,70 $ (on a fait des comptes précis !) de petites pièces accumulées dans notre flight-case, (alors ça fait combien de litres de pétrole, hein bande de feignants !) nous y voilà, au bout de la route. Lundi prochain (28/11) nous prenons l’avion pour la Nouvelle-Zélande et nous ne sommes pas fâchés de quitter le territoire australien, pour dire la vérité !

Il faut dire que les aventures des dernières semaines ont été plutôt rocambolesques (je sais pas si c’est le mot adéquat mais de toute façon on ne trouve plus nos mots en français, ce qui est plutôt bon signe.. !).

 Mais reprenons les choses dans l’ordre et ou on vous avait laissé, il y a plus de 2 mois maintenant..

 

La période « katherinesque », puisque c’est à Katherine qu’on a débarqué à notre arrivée dans le Northern Territory, est sans doute la meilleure de notre voyage australien. On comptait ne faire que passer mais on resta finalement pas loin de 2 mois dans la région (environ août/septembre si je me rappelle bien..), alternant avec quelques virées a Darwin et dans les parcs nationaux de Kakadu et de Lietchfield.

Les 2 raisons principales de notre attachement à Katherine sont simples : GLENN et LOW LEVEL.

(Wo)Men at workGlenn, c’est un petit bonhomme orange, plein de vitalité et fort sympathique, qui, après nous avoir écouté chanter 2 minutes sur le bord du trottoir, nous suggéra qu’on ferait plus d’argent en… travaillant ! Et ça tombait bien parce qu’il avait une tonne de boulot à nous proposer. C’est ainsi qu’on fit nos classes de travailleur australien et ce n’est pas sans une grande fierté qu’on arbora nous-aussi, les couleurs orangées de la réussite sociale ! Ramasser les ordures dans la communauté aborigène du coin, nettoyer les chiottes de la ville, faire le ménage du petit aéroport ou repeindre les barrières de Low Level, autant de missions qu’on remplit avec le plus grand entrain, payées au black bien-sûr, ce qui  était d’autant plus marrant qu’on bossait pour la ville ! Ça c’est l’Australie, le pays le plus honnête du monde ! Mais bon nous ça nous arrangeait bien d’autant que Glenn se prit vraiment d’affection pour nous, nous invitant même à manger, boire et dormir chez lui. Cool comme patron !

 

rien a gaucheLe reste du temps on le passa à Low Level justement. Comment dire.. Low Level.. c’est un peu un mythe, genre la Terre Promise du backpacker en quête de liberté. Au bord d’une rivière à crocodiles (mais sans les crocodiles dedans a cette période de l’année), le niveau de l’eau est au plus bas car c’est la saison sèche. Les berges asséchées se sont transformées en plage et l’eau est nickel pour la baignade du matin. Y a du bois sec partout pour faire du feu et il fait beau tout le temps. A cela rajouter une bonne brochette de potes (de cœur), Adrien et Adrien, Coco et Colas, des bouffes fantasmagoriques, des discussions animées  et des soirées musique. You get it !!? Et pour couronner le tout, pas de Ranger en vue.. Eh oui un petit problème de territorialité et de compétence et voilà le Ranger dans l’impossibilité de nous dé-ranger ! Que demande le peuple !

Sans doute le meilleur souvenir de notre petit tour d’Australie, ce Low Level..

Mais comme toujours, même les meilleures choses ont une fin, et, voyant le retour des grosses chaleurs, de la « mango madness » (la cueillette des mangues sous la chaleur et l’argent qui va avec rend tout le monde timbré), et des crocos dans la rivière, il était temps pour nous de partir. D’ailleurs même Glenn n’avait plus de boulot pour nous…

La reprise de la route se fait d’abord en direction du sud, jusqu’à Tennant Creek. RAS comme d’habitude, c’est le désert. Puis, soudainement, un carrefour. Celui-là, il ne faut pas le louper c’est celui qui vous emmène tout droit à l’Est si vous n’oubliez pas de tourner à gauche ! Une fois de plus, RAS, si ce n’est une qualité fort médiocre des routes et un vent à faire pâlir notre zef breton !

Quand t'es dans le désert

On rejoindra ainsi la première cité digne de ce nom, Mount Isa située aux portes du Queensland. Ville minière, l’espoir surgit qu’un nouvel Eldorado, tel Port-Hedland, va peut-être s’ouvrir à nous de nouveau ! Evidemment, ce fut loin d’être la même (rappelez-vous Port-Hedland, désigné meilleure ville à busker par vos Buskers préférés !). Mais on y fit quand même des rencontres sympathiques dont Gerard, alias ‘’G’’, qui nous proposa d’enregistrer quelques-uns de nos morceaux. On a donc ‘’enregistré’’ dans un bureau, d’une manière très peu orthodoxe et d’ailleurs on ne verra jamais la couleur du mastering, travail à l’australienne oblige. Mais comme on dit, c’est l’intention qui compte. (3 morceaux en écoute sur myspace.com/thefrancoisetsophie mais faut monter le son !!)

Nous voulions également profiter de ce dernier post australien pour partager avec vous une tranche de notre vie de nomade, une journée typique quoi ! A savoir, je me lève et je te bouscule… Tu ne te réveilles pas… comme d’habitude ! Ah non, là je dois confondre mon emploi du temps.. ! En général, on se réveille sur une aire de repos autorisée quelque part sur la route ou bien dans un endroit planqué a l’écart du centre-ville car après Low Level, on a évidemment renoué avec les rangers. Ensuite, soit on prend notre p’tit déj’, soit on bouge pour trouver un spot plus adéquat (c’est- à -dire, le plus souvent, équipé de toilettes). Ensuite vient l’étude de terrain : la recherche d’un spot à busker. En centre-ville, les agences de presse ne sont pas mal du tout mais souvent exposées au bruit constant de la circulation. C’est pour cela que le tuyau que les buskers se donnent sont les … supermarchés ! Certains d’entre vous le savent déjà, mais vous êtes nombreux a l’ignorer : les Australiens vivent dans leurs Malls ! (quand ils ne sont pas dans leur bagnole !)  Mais jugez-vous-mêmes ce qu’il peut se passer... Silence ça tourne !

 

Et puis, après environ 2 ou 3 heures normalement (et si on s’est pas fait virés), on a de quoi repartir. Un petit bout de route, un petit tour sur internet (quand on a  du réseau), un bon diner (on a toujours mis un point d’honneur à cuisiner dans le camion) et, si la journée a été bonne on a droit à notre récompense du soir :  un épisode (ou 2) de « How I met your mother » avec un peu de fromage blanc ! Rajoutez à ça les missions vaisselle et la douche froide de temps à autre (seulement sur les fronts de mer) et vous aurez une bonne idée de notre vie quotidienne.. Excitant la vie de traveler, non ! On pourrait encore faire un paragraphe entier sur la jubilation extrême que provoque la découverte d’une « HOT SHOWER » au détour d’une marina,  mais ce serait classé X !!

 

Voilà comment, petit à petit, de fil en aiguille, on est arrivé jusqu’à Melbourne. On en avait rêvé, de ses petits bistrots, sa vie nocturne, sa réputation artistique et alternative.. On avait même mis une petite cagnotte de côté pour en profiter.. Eh ben on peut dire qu’on n’a pas été déçu !! Le busking le plus hard de toute l’Australie, du « j’me la pète » à tire-larigot, et pour couronner le tout, notre première galère avec le camion, juste au moment de le vendre. Il faut dire aussi qu’on commençait à saturer sérieusement de l’ « australian way of life » qui ne pense qu’à la thune, de ses grosses bagnoles et de ses superlatifs, qu’il pourrait te rouler dessus s’il le pouvait.. Du coup le busking commençait à nous coûter énormément d’énergie. On ne veut pas cracher dans la soupe mais c’est quand même un boulot super dur, ou on est vachement exposé. Et, paradoxalement (ou peut-être pas..), c’est dans les grandes villes que c’est le plus dur. Alors que les gens sont plus riches et plus nombreux.. Vous y comprenez quelque chose vous ?  Nous on s’est dit que c’est p’tet comme ça qu’ils étaient devenus riches, en oubliant de donner…

 

Spacelane MecanikVous voyez il est temps de partir. Heureusement la dernière semaine vit le retour de notre bonne étoile et la résolution de tous nos problèmes. Le camion fut réparé dans les 3 jours par le meilleur mécanicien de tous les temps : Giang. Cette petite mésaventure nous permit de découvrir le quartier authentique de Brunswick et ses immigrants italiens. On redoubla d’efforts en buskant dans le quartier comme des salauds et on réussit à payer la moitié de la facture de 400$ (la petite cagnotte aura du coup servi à payer l’autre moitié). On finit par vendre (à un adorable petit couple de bretons, très patient) ou plutôt devrait-on dire par se séparer de notre cher camion, notre cher Jo l’Intrépide, qui nous permit de vivre cette magnifique aventure.

Et voilà c’est fini. Whaa près de 9 mois à sillonner ces routes désertiques, à rencontrer tous ces gens, à mettre de la musique dans tout ça.. C’est qu’on aurait une petite larme à écrire ces lignes à l’aéroport de Melbourne, en attendant notre avion pour Auckland..  Mais bon on est pas encore parti, il parait que le vol a du retard..

Et puis le 11 décembre prochain, on passe enfin de «  l’autre coté » et on commence notre remontée dans le temps.. Là, ça devient sérieux : départ d’Auckland à 16h et arrivée à … 15h le même jour à BUENOS AIRES !!! Eh oui, comme Phileas Fogg qui avait oublié qu’il avait gagné un jour en allant toujours plus vers l’Est…

En fait c’est jamais fini ! Alors…

HASTA LUEGO AMIGOS !!!!

 

 

Posté par francoisetsophie à 12:55 - Commentaires [7] - Rétroliens [0]


29 août 2011

Australia the greatest !

 

DSC01108 [640x480]Amis lecteurs chevronnés de ce blog, le suspens a du vous paraitre interminable..

En même temps, de notre côté, on attend toujours les copies du contrôle de maths ! (« Et vous aurez ZÉRO !!! » comme disait M. Baurens, mon prof de maths préféré !)

Lancés à toute blinde sur la route (plus de 80’ tout d’même), nous en avons une fois de plus oublié le temps qui passe. Il faut dire qu’avec un été qui dure depuis plus d’un an, il y a de quoi être un peu déboussolé.. !

Et c’est un message de NicoX il y a quelques jours qui nous a rappelé à l’ordre : «Bon alors vous l’avez chopé vot’matos ou quoi !!? » 

Chers lecteurs, nous allons enfin mettre un terme à cette attente insoutenable…

Eh bien OUI !!!

Nous avons fini par atteindre Carnarvon et le fameux Vox nous y attendait déjà, avec 2 jours d’avance. Il paraitrait que les routiers australiens tournent au speed, mais ce n’est qu’une rumeur..

Une fois cette mission accomplie, on ne traina pas trop à Carnarvon. De jeunes français venaient de faire la Une des journaux locaux pour avoir volé de la nourriture dans un supermarché (on appelle ça le « french shopping » ici), et on peut dire que le backpacker n’y était pas vraiment le bienvenue. On décida quand même d’aller busker, au supermarché d’abord d’où on se fit jeter (mais ça on commence à avoir l’habitude), puis dans la rue où on nous fit remarquer (texto) qu’on avait une sacrée paire de couilles pour chanter dans cette ville... Waouh bonjour l’ambiance !  La 2eme nuit on se fit carrément réveiller par les flics qui nous invitèrent, non sans une certaine brutalité dans le ton, à dégager illico-presto de la ville, en pyjama !

 

DSC01363 [640x480]C’est le genre d’animosité que l’on peut rencontrer parfois, dans certaines villes, de la part d’une partie de la population, à l’égard des backpackers. Il faut dire qu’avec le Working Holiday Visa, les jeunes européens sont de plus en plus nombreux à débarquer ici. Et forcément ça déborde un peu de temps en temps. Et ça les Australiens ils aiment pas trop quand ça sort du cadre. Mais ce qu’ils ont tendance à oublier un peu vite, c’est que tous ces « gamins » (eh ouais 34 balais maintenant) arrivent ici avec toutes leurs économies (vite dépensées), qu’ils font des boulots durs, comme le picking, dont personne ne veut, qu’ils consomment (et ne font pas que voler), qu’ils voyagent (y a quand même Holiday dans le visa), et repartent souvent avec rien dans les poches. Ce qui, dans l’ensemble, profite bien à l’économie australienne si je ne m’abuse.. (Eh oui on vous avait promis une phase analytique dans ce blog, eh bien vous voilà servi !).

 

 L’avantage de la vie de nomade c’est que quand on se plait pas dans un endroit, eh ben on se casse !

 

La dessus, on reprend notre tournée des parcs nationaux . Ici, tout ce qui n’est pas une ville est un parc national, ou plutôt tout ce qui n’est pas une grande étendue sauvage ou désertique est une ville ! On l’avait commencé en quittant Geraldton : le désert des Pinnacles dont on avait déjà parlé, Kalbarri, Shark Bay ou l’on a découvert les Stromatolites, habitat des petites bactéries a l’origine de la vie sur terre… Quand même !

Plus au nord se trouve donc le Parc national d’Exmouth et sa Coral Bay, fantastique endroit pour faire du snorkeling (plongée avec masque et tuba). Et là, et ben c’est l’éclate : myriade de poissons multicolores nageant dans une mer turquoise et ses récifs de coraux, le tout au pied de petites gorges ou foisonnent kangourous et émeus. On y passera 4 jours magnifiques en vrai vacances, renouant avec l’esprit aventureux des gosses, pendant des heures sous l’eau.

 

Notre passage a Geraldton nous aura vraiment permis de nous offrir du bon temps puisque durant toute cette période de visite, nous n’avons pas eu besoin de busker. On clôturera ce périple dans les parcs avec la visite de Karijini, perdu au cœur du Western Australia, à la découverte de ces chutes d’eau et piscines naturelles. Ce parc nous a offert de magnifiques ballades parfois bien escarpées, des nuits bien fraiches et donc notre 1er feu de camp, une des pires « dirt road » pour notre van et notre douche la plus froide du voyage !

Mais après un mois sans busker quasiment, les réserves de cash arrivant à épuisement, il fallait retourner au charbon. Et c’est d’ailleurs une ville minière qui se trouvait sur notre route, Port Hedland. A première vue pas le genre d’endroit ou t’as envie de t’égosiller sur les trottoirs : pas un chat dans les rues, que des hommes qui viennent là pour bosser, dormir et qui vont se la coller au pub, tous les soirs, à défaut d’autre distraction. Mais justement c’est là qu’on se plantait, en y allant encore à reculons ce matin-là. L’ « Entertainment », c’était nous ! Et eux avaient les poches pleines de billets… C’est ainsi que ces 2 jours dans la ville la plus pourrie d’Australie (d’après notre pote John) se sont avérés plutôt bénéfiques !

 

DSC01367 [640x480]Remontés à bloc, on reprit la route (je sais ça fait un peu rengaine mais en même temps c’est un Road trip.. !). Et après un nouveau 600 bornes de rien, enfin une ville digne de ce nom : Broome, station balnéaire fort agréable avec plein de gens. Ça  fait du bien pour l’ambiance même si  ce n’est pas forcément là qu’on fait les meilleures affaires. On se posa un peu, une dizaine de jours, buskant entre le marché et la plage. Avec en prime une nuit au camping et un ciné en plein-air ! Le grand luxe !!

Et c’est au marché qu’on fit sensation, avec notre nouvelle amplification. On y testa de nouveaux morceaux dont « Nothing really matters », titre d’un groupe local, The Pilgram Brothers, dont on était tombé amoureux au cours de la fameuse séance de ciné (B.o. du film « Mad Bastards » qui dépeint les problèmes que rencontrent les aborigènes – alcool, violence, perte d’identité). Pour finir notre séjour dans la ville, on a pu assister à un de leur concert donné depuis le large sur un catamaran, pour promouvoir la vie des communautés aborigènes et dire non à l’exploitation du gaz dans la région.

Nous quittons Broome de nuit, direction le Northern Territory (Etat du nord de l’Australie). Et sur notre route, nous aurons le temps de les rencontrer, tous ces aborigènes. Grace à la musique, notre contact est différent des autres voyageurs. Nous serons vraiment étonnés et particulièrement touchés par leur sensibilité et leur générosité à notre égard. C’est ce qui nous a frappés, avec leur détresse aussi.. Nous en reparlerons certainement lors d’un prochain post…

 Prochain arrêt : Katherine, mais ceci est une autre histoire…

 

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Posté par francoisetsophie à 09:58 - Commentaires [11] - Rétroliens [0]
20 juin 2011

A vos calculettes !

DSC00756 [640x480]Petit problème de maths (ça fait toujours du bien de revoir ses fondamentaux !) :

François et Sophie sont dans un camion en Australie. Ils font d’abord une boucle dans le sud de 1500 kms jusqu’á Augusta, puis ils prennent  la route du Nord depuis Perth pour rejoindre Melbourne au Sud-Est du pays, soit une distance de 10 000 kms environs.

Question 1 : sachant que la vitesse moyenne du van est de 80 km/h, calculez combien de temps ils mettront pour parcourir la distance Perth-Melbourne en nombre de jours, d’heures, de minutes et de secondes. Attention il y a des pièges !

Question 2 : sachant que le prix du super sans-plomb est compris entre 1,4$ et 2$, a combien d’euros ce périple leur reviendra-t-il ?

Question 3 : Enfin, pour payer leur frais d’essence, ils pratiquent le busking. Comme une heure de musique leur rapporte 40$ en moyenne, combien d’heures devront-ils busker pour payer l’essence ?

DSC00733 [640x480]bisLes copies sont à rendre dans 20 minutes. C’est à vous !

 

Et oui, on avait donc fini par décrocher de notre Mole préféré, direction « down south » pour profiter des dernières semaines de l’été. C’était quand déjà ? Ça remonte au mois d’avril, je crois.

Cette région du Sud-Ouest du Western Australia est vraiment superbe. Des falaises, des arbres gigantesques, de la terre rouge et l’océan qui déferle rageusement sur tout ça. Ça vous aiguise la sensibilité du poète ! Non sans déconner,  c’est vraiment beau. Et les gens du coin sont vraiment cool pour peu que tu t’intéresses au surf et au pinard. Eh oui les meilleurs crus australiens viennent de cette région, autour de Margaret River. En plus il y avait une compet’ internationale de surf, avec Kelly Slater et tout le tralala, juste à ce moment. Et quoi de mieux que des surfers bourrés pour faire marcher le busking ! Par contre les recherches de « vrai boulot » se verront moins fructueuses. Et ce n’est pas une excuse pour continuer à faire de la musique ! On a vraiment cherché, jusque dans les fermes et les vergers, mais pas moyen de bosser « cash in the hands ». Pourtant on n’arrête pas de rencontrer des gens qui ont le visa de travail et qui bossent au black ! Allez comprendre…

Mais bon on s’est bien accommoder de cette situation finalement et plutôt que de perdre notre temps à chercher du boulot, on a préféré bosser notre set. Et après quelques semaines, la pluie commençant à arriver, on est remonté à Fremantle. On a retrouvé nos petites habitudes au Mole et nos coins à busking. Quoique qu’avec une petite promotion puisqu’on a commencé à jouer au bar du marché ! (vidEo fReud dédicace !) Ça aurait pu être le début d’une paisible routine, si on avait pas rencontré John..

Quels merveilleux moments de déchéance nous avons passés en sa compagnie ! Et ça fait du bien ! Car après des semaines de sevrage forcé on était devenu tellement Saints qu’on aurait pu être béatifié je crois !! John nous a offert le gite et le cou-verre pendant une bonne semaine, entre soirées rock’n’roll et Dvd/pizza.. Avec en prime des grattes a la maison et de bonnes sessions de jam’ jusqu’à pas d’heures dans la nuit… Un rêve éveillé, qu’on n’avait pas vécu depuis un bail !

text1Comme lorsqu’on était à Hong-Kong, on a eu du mal à reprendre la route. Mais notre corps réclamait un peu de répit et notre temps à Freo était révolu. Nous venions juste d’y obtenir notre nouveau sésame de chercheurs d’or : une extension de visa de 6 mois qui nous permet finalement de ne pas sortir du territoire au bout des 3 mois prévus initialement. Ça nous a couté 255 dollars chacun, mais l’Australie, tu la paies ou tu la quittes ! Mais on préférait ça que d’aller à Bali finalement. Je sais que vu de chez vous, le choix est vraiment cornélien : ‘’Oh aller à Bali, mmh ch’ais pas… p’tet pas en fait’’. Non, je blague mais la décision était vraiment stratégique pour nous. On est bien content d’avoir vraiment le temps de faire ce road-trip sans interruption ou presque.

text2Alors nous y voilà : cette fois on attaque notre grande boucle et on est bien motivé. Prochain arrêt ravitaillement prévu : Geraldton, a 400 bornes au Nord, et les premières visites au grès de  nos arrêts : une dune de sable surgie, un désert de Pinnacles découvert uniquement dans les années 60 parce qu’un mec aura crashé son avion… Les mystères de cette terre du far-East s’ouvrent à nous, enfin… Nous gagnons rapidement notre première ville étape mais nous devons déjà re-bosser pour pouvoir continuer (après 400 bornes, on est pas rendu !). En y allant un peu à reculons ce samedi matin-là, quelle ne fut pas notre surprise de voir les pièces couler à flots ! La générosité et la gentillesse des gens de cette petite ville nous touchera tellement qu’on décidera d’y ouvrir un compte en banque ! Mais ne vous y méprenez pas, c’est pas le Pays des Merveilles non plus !  C’était effectivement plus facile qu’a Freo, soi-disant la ville des buskers, mais dans les villes ‘’fantomes’’ qu’on traverse en ce moment ...  c’est une autre histoire. On restera a Geraldton 3 semaines car, repérés dans la rue, on aura l’opportunité d’un premier ‘’vrai’’  contrat : 300$ pour un concert SO-NO-RI-SÉ !(excusez du peu) au Provincial, un lieu où on comptait même pas pouvoir mettre un doigt de pied.. !text3

En parlant d’amplification, on était aussi arrivés là pour se procurer un nouveau jouet et développer ainsi notre activité : un petit ampli de voyage, pour brancher la guitare et le micro…  Malheureusement le magasin étant en rupture de stock, on avait un nouveau choix draconien à faire (eh oui la vie du voyageur est parsemée de choix draconiens..) : attendre 6 semaines a Geraldton une nouvelle livraison, espérer en trouver un dans le prochain magasin sur la route (peut-etre pas avant 2 ou 3000 km) ou bien le commander sur internet sans avoir d’adresse ou se le faire envoyer..

On a opté pour la 3eme solution et pour l’instant on l’attend toujours.. La livraison a pris du retard (en même temps l’ampli est parti de Sydney) et doit arriver la semaine prochaine dans un camping, a Carnarvon. C’est à 200km d’où nous nous trouvons en ce moment et c’est notre prochaine mission !

On espère que le colis ne s’autodétruira pas d’ici là.. !

 

Au prochain épisode : Sophie et François réussiront-ils à choper leur Vox Mini3 à Carnarvon ? Les lecteurs de ce blog auront-ils élucidé l’insoluble problème de la « tyranny of distances » ? Vous en saurez également plus sur le fonctionnement de l’économie australienne…

 

A bons entendeurs,

Salut !

 

Posté par francoisetsophie à 06:55 - Commentaires [9] - Rétroliens [0]
19 avril 2011

No worries !!!

Hi there!DSC00515__640x480_

 

Mais non, nous n’avons pas disparu de la surface de la Terre ! On est encore LA, prêt à foutre le souk et tout l’ monde est ‘cor LA !! (Aaarrgglll ! NTM sort de ce corps,  je veux parler en anglais.. !)


Eh oui, on est toujours là, on s’est seulement mis la tête à l’envers, pile de l’autre côté de la planète, et forcément ça n’arrange pas les problèmes de timing ! Parce qu’on a fini par y arriver en Australie, il y a déjà près d’un mois ½  maintenant !

 

Après la visite a vélo du majestueux site des temples d’Angkor, au Cambodge, qui nous a ravie (on avait un peu peur pour la « touristicité » de  l’endroit mais le site s’étend sur des dizaines de km, donc il y a de la place pour tout le monde; avis aux amateurs des Cités d’Or), on s’est rendu directement à Bangkok. Changement d’ambiance, beaucoup plus commerciale que le Roots Cambodge, dans le quartier très backpackerisé de Khao San Road. On en profitera pour faire quelques achats,  renouveler un peu la garde-robe et boire 2-3 bières.

Pas de visite touristique cette fois, à part celle de... l’Hôpital International de Bangkok. Décidément on y prend gout ! Eh oui, on s’est dit qu’en rentrant en France, pour se faire des thunes, on pourrait sortir une sorte de Guide Michelin des Hôpitaux du Monde (GMHM, ça sonne bien comme titre, non !?). Alors après la chambre commune en Inde (1/2 étoile),  le high-tek de Hong-Kong (je ne crois pas qu’on vous l’ait raconté celui-là... – 4 stars), accessoirement un petit tour a Siem Reap au nord Cambodge (des poussières...), l’Institut Pasteur de Phnom Penh, nous voilà rendu à l’hosto à Bangkok ! C’est que Sophie a eu la bonne idée de se faire (gentiment) mordre par un clébard au Cambodge et qu’elle psychote un peu depuis, malgré les discours rassurants des médecins (qu’on ne comprend pas toujours très bien, il est vrai.. !). Il faut dire qu’il y a un paquet de cas de rage dans ces contrées et donc fortement matière à psychoter...  Les médecins de Bangkok (super compétents) sauront la rassurer complètement et j’en profiterai pour me faire soigner un chico pourri.

 

Une petite semaine à Bangkok, qu’on a bien apprécié quand même, et puis direction Phuket. Une des pires arnaques de voyage qu’on nous ait faites. Et encore, certains dans le bus ont payé jusqu’à 10 fois plus cher que nous. On avait pourtant dit après le Vietnam : « plus jamais de bus touristique, que des locaux ! ». DSC00513__640x480_ De toute façon on n’avait pas prévu de s’éterniser à Phuket, pas trop notre kiffe.. On est juste venu prendre notre avion pour Perth (à 130 € par tête, ça valait quand même le coup de descendre jusque-là). 

 

Au cours de ce vol, nous avons eu le temps de passer du statut de riches en Asie à celui de pauvres sur le sol australien ! Notre arrivée tardive (oui 21h, c’est tard pour un Australien) nous aura valu une première nuit à l’aéroport, faute de disponibilités dans les hôtels de Perth – 1,5 millions d’habitants – complets pour week-end prolongé. Les quelques coups de fil passes depuis l’aéroport nous mettrons, eux, face à la dure réalité : comment allons-nous survivre dans un pays qui ne présente aucune difficultés économiques et dont le niveau de vie est, du coup, beaucoup plus élevé ? A 25 dollars (soit 20 euros environ) par personne le lit en dortoir dans un backpackers Hôtel, il faut vite trouver une solution pour éviter la bancroûte ! Nous savions avant notre arrivée que nous voulions acheter un van pour y vivre, mais évidemment, comme après chaque changement important d’environnement, il faut s’adapter. Finalement, on optera pour la vie en camion dès le départ, les locations de vans étant chose courante ici.

 

Quel soulagement pour nous de retrouver une maison qui roule ! Mais il est vrai que nous n’avions pas conduit depuis plusieurs mois et, qui plus est, volant à droite.. Une nuit blanche à l’aéroport n’altèrera aucunement la conduite de François. Les premiers kms avalés, quel bonheur de trouver face à nous une plage et un océan dignes de ce nom. Je ne vous parlerai même pas des mouettes et de mon émotion de les revoir : j’en ai pleuré de joie !

 

Il faut maintenant évoquer ici la difficulté première de la vie en camion en Australie : le Ranger, Chuck Norris quoi ! Le ranger, c’est un chasseur de backpackers. Il y en a de différentes sortes : ceux qui font bien leur boulot et ceux qui le font moins bien... Nous aurons évidemment le loisir de rencontrer celui de la seconde espèce dès notre première nuit passée. Effectivement, ignorants des règles ou faignant de l’être, nous sommes tranquillement allés nous pieuter avec notre van de loc’ près d’une plage. Résultat au réveil : une douille de 100 dollars épinglée sous l’essuie-glace pour camping illégal. Bienvenue en OZ les Frenchies ! Avec les autocollants sur toute la carrosserie, c’est vrai qu’on est plutôt riperes, je vous l’accorde. Mais une amende direct, sans prévenir, c’est pas très fairplay ! Mais c’est qu’ils ne savaient pas à qui ils avaient à faire.DSC00629__640x480_ En bons français qui se respectent, nous sommes allés contester les faits sur les conseils d’un autre Ranger, le Bon, celui de South Beach, la plage d’a coté. Et oui, il y a de la concurrence apparemment et lui, il n’aime pas quand le travail est mal fait. Voici la faille juridique : l’amende n’est pas nominative car on n’a pas été réveillé, du coup, non valide. Ah les cons !!! Ni une ni deux dans nos cerveaux de révolutionnaires français malades, direction le bureau des rangers qui nous ont regardé contester leur amende par voie manuscrite (en anglais s’il vous plait) après avoir demandé à lire noir sur blanc les textes sur la législation du camping dans leur ville. Bref, une bonne partie de rigolade à y repenser, on attend toujours de leurs news...

 

La deuxième difficulté ,ici, consiste à éviter les... Français ! Ils pullulent, c’est incroyable, à coup de working Holiday visa. Pour enfoncer le clou, nous avons tout de même rencontre 4 jeunes de... Vitre city et environs, ni plus ni moins. Il parait que nous habitions même dans l’appart du père d’un de ces gars, copropriétaire avec notre ancien proprio, Dom Hamard ! A vérifier... Et là, tu te dits que c’est fort de café ! Que le monde, il est trop petit quoi ! Non, sans dec, quand est-ce qu’on aura le plaisir de croiser l’un. de vous, famille ou ami, sur les routes ? Comme avec Zouzou et Riwax..  On est open sur les destinations ! Je dis ça, c’est parce que vous nous manquez quand même... depuis le temps.

 

Bref, la vie au pays d’Oz a fini par se stabiliser grâce à l’achat de notre second camion, parce qu’on est pauvre mais on a quand même 2 bagnoles, une en France et une ici !

 

Tout un business, là encore : les camtars se revendent d’un côté de l’Australie, puis de l’autre. Les km grimpent au compteur mais les prix ne baissent jamais ! Il ne faut pas se planter de bagnole car c’est un gros investissement au départ (on touche du bois et de la peau de singe !), mais ça vaut grave le coup car le pays est immense et magnifique. C’est complètement envoutant de prendre la route dans ces espaces grandioses et c’est surement la meilleure façon de vivre pas cher, si on ne se fait pas gauler par un Mauvais Ranger, comme disait Sophie !

Les Australiens sont à la cool, leur mode de vie « take it easy »nous plait bien et on va surement rester ici quelques temps car on a trouvé un nouveau boulot : « Busker » (prononcer « beuss-coeur » pour les non-initiés !), littéralement « musicien des rues ». Ça sonne mieux que « faire la manche », hein ! Et ici, c’est vachement mieux considéré..

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Donc nous y voici, j’ai enfin réussi mon plan machiavélique, prémédité depuis le début (hinhinhin) : mettre Sophie sur scène, sous le feu des projecteurs.. ! Bon d’accord pour l’instant c’est plutôt sur le trottoir et sous les lampadaires ! Mais elle se débrouille plutôt pas mal la gamine, et on pense faire quelques millions ici avant de repartir pour de nouvelles aventures...

En attendant ça nous permet d’assurer le quotidien et c’est déjà pas mal. A titre d’exemple on s’est offert notre première bière dans un bar hier : 12$ !! Eh ben ça fait mal au cul ! (et en plus y avait que 20 cl, on ne risque pas de redevenir alcoolique ici, raison de plus pour rester !)

 

Donc voilà où nous en sommes. On a quitté depuis peu le port de Fremantle ou on s’était installé, tranquilles dans notre meublé roulant, a l’abri des rangers. On regardait les super-tankers et les porte-containers passés, on s’était fait des potes et on apprenait notre nouveau métier. Mais il nous tardait de reprendre la route.. Ça fait maintenant deux semaines qu’on sillonne le Sud-Ouest du Western Australia, profitant des rencontres et des paysages, en buskant au coin des rues et des.. supermarchés. Mais rassurez-vous on espère trouver un de ces 4 « un vrai boulot » parce que faut pas déconner quand même...

 

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 Le South Mole, a Fremantle, notre lieu de villégiature

 

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23 février 2011

Sur les routes de Chine, du Vietnam et du Cambodge...

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Salut a toutes et a tous !

Désolés car nous avons encore laissé filer le temps, mais c'est que beaucoup de choses étaient a réfléchir pour la suite de notre voyage... Alors voici des news fraiches et d'autres un peu moins ! Rappelez-vous, il y a un mois et demi...

Après ces bons moments passés à Hong Kong, nous reprîmes la route, un peu à contrecœur il faut bien le dire... Eh oui c'est fou ce qu'on se réhabitue bien vite au confort et à la société de consommation. Des bouffes en veux-tu en voilà, et une nouvelle lubie qui m'a prise soudainement (mais que Sophie connaissait déjà) : le Démon du Shopping ! Alors pour se refaire une santé financière on a décidé de la jouer quitte ou double le temps d'une nuit à Macau, paradis des casinos (et des putes accessoirement, mais ça, je ne pouvais pas vraiment en profiter !). Malheureusement ça n'a pas marché et on s'est retrouvé en Chine au pain sec et à l'eau ! On croyait ainsi passer inaperçus mais la Chine a bien changé depuis le bon vieux temps de la révolution culturelle ! A côté des immenses centres commerciaux qu'on a pu trouver là-bas, Carrefour peut aller se rhabiller ! En définitive, la Chine fut pour nous un simple transit amélioré d'une dizaine de jours, sans se fondre littéralement dans le pays, mais avec de bons retours quand-même. Et un sacré gout de revienz-y !

La seule chose qui bloque réellement dans un voyage en Chine n'est pas des moindre : la barrière de la langue y est terrible. Ca a donné lieu à quelques scènes épiques comme dessiner son menu au restaurant (c'est la merde pour un végétarien car là-bas tout ce qui a 4 pattes se mange, sauf les tables et les chaises - proverbe chinois !). Par contre, on ne s'attendait vraiment pas à trouver un pays qui veut autant que possible épouser le modèle occidental. Toutes les routes mènent à un Mc Do ou un KFC ! Pourtant le régime est toujours aussi autoritaire et c'est en te gueulant dessus à grands coups de mégaphone qu'on te fait rentrer dans les centres commerciaux ! C'est clair que les dirigeants chinois se sont eux-aussi bien accommodés des (non)règles de l'ultra-libéralisme... Mais on en dira pas plus sinon, après les Iraniens, on va aussi avoir les Chinois au cul ! C'est aussi à coups de mégaphone qu'on nous a fait rentrer dans des wagons surchargés (ou toute façon y a pas de place alors t'es pas obligé de me gueuler dessus a 50 cm de l'oreille !!!). Il faut dire qu'il nous a semblé qu'ils avaient besoin d'ordre(s), les Chinois... Il n'y a pas trop de prises de décision individuelle, enfin c'est un sentiment.

C’est vrai qu’ils peuvent parfois paraitre lobotomisés par des années de dictature et de propagande,  abrutis par des journées de travail inhumaines. Alors pour relâcher la pression, quelle ne fut pas notre surprise de les voir se rendre en masse sur les grandes places de la ville pour... danser ! Eh ouais, à la nuit tombée, les sonos sont de sortie, et tous se retrouvent pour danser un madison ou un tango, en groupes chorégraphiés, sur des airs de techno improbables !

Folklo !


 

Après cette petite escapade chinoise, nous voilà à nouveau dans le train, direction Hanoi au Vietnam, pour rejoindre Christine, la maman de Sophie, et son mari, François.

Intenses retrouvailles entre la mère et la fille qui ne se sont pas vues depuis plus de 6 mois !

Quel plaisir également de déboucher la bouteille de rouge (dédicace Jean-Louis !), le 1er soir dans leur chambre d’hôtel, et de déguster le fromage et le chocolat qu’ils ont pris soin d’apporter dans leurs bagages (c’était une demande expresse de notre part, il faut bien le dire !).

P1080480__640x480_Nous découvrons avec eux le Vietnam pendant une douzaine de jours, au cours d’un programme aux petits oignons préparé par Christine : découverte de la capitale Hanoi et des grottes, temples et autres pagodes alentour, croisière V.I.P sur la magnifique baie d’Along, visite de Hué la capitale historique, et pour finir 5 jours dans un hôtel 5 étoiles à Hoi-an, les pieds dans l’eau ! Malheureusement pas que les pieds puisque tout au long de ce séjour le temps n’aura pas été au Rdv (et d’ailleurs n’aura pas été sans rappeler le crachin et la grisaille bretonne, dommage pour les vacanciers...). 

Nous les quittons donc fin janvier à Hoi-an après un bain dans la piscine de 150m de long de l’hôtel (mais si !), pour conjurer le mauvais temps ! On ne pouvait pas partir sans en avoir profité au moins une fois ! (d’autant que je ne sais pas si ça se représentera de sitôt... !)

Et pourtant le soleil n’était pas loin. Arrivés à Ho Chi Minh Ville (Saigon), on descend du bus sous une chaleur écrasante. La ville nous plait bien, particulièrement le musée sur les guerres d’Indochine et du Vietnam. Mais elle est assez chère, pas mal portée sur la teuf, et on commence à voir les prémices du tourisme sexuel. On ne reste que 2 jours pour se rendre rapidement dans le delta du Mékong, avant l’expiration de notre visa. Là, on renoue avec la tranquillité, la nature et la location de scooter, ce qui n’est pas sans nous rappeler notre chère Goa. Mais il est déjà grand temps de sortir du pays et on a prévu de rejoindre Phnom Penh, au Cambodge, par le Mékong. Ce qui n’est pas si simple en période de Têt, le Nouvel An vietnamien (au passage on fête un peu le Nouvel An depuis 3 mois maintenant, ça a commencé au Népal et ça s’est jamais fini... !). On nous avait prévenu mais on décide de faire les malins (ou les fainéants !) et de ne pas prendre le seul bus qui part pour Chau-Doc, à 4h ce matin-là... On s’était dit qu’on réussirait bien à choper un bus sur la route, comme font les « locaux » quoi ! Bah on a réussi à les faire finalement ces 150km, mais en prenant plusieurs bus (avec des bonnes sessions de marche, de motorbikes ou de tuk-tuk entre), en mettant 3 fois plus de temps et en payant au moins 2 fois plus cher au final ! Mais sans jamais se démonter, c’est qu’on prend d’la bouteille ! Une bonne journée de motivés !

 

Après, le passage de frontière s’est fait sans souci, et même d’une manière très douce ce coup-ci : 3 heures de bateau en remontant les petits canaux du Mékong, jusqu’à un poste frontière ou on s’est fait tamponné par un douanier... qui chantait !

La douceur, c’est ce qui caractérise le plus les Cambodgiens. Un peuple très humble, toujours souriant, mais qu’en a vraiment pris plein la gueule lui-aussi. On voit d’ailleurs beaucoup de gens mutilés ou malformés ici... On a particulièrement apprécié la capitale, Phnom Penh. Pas de visites spéciales ou de monuments incroyables. Juste profiter de la vie de quartier et de ses gens. On regrettera simplement de ne pas avoir découvert plus tôt la piscine à 2 rues de notre guesthouse ! Parce qu’avec 40 degrés toute la journée, c’est dire qu’on apprécie la vie à la terrasse des bars et des restos !

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Panorama de balcons, dans notre quartier a Phnom Penh

Et comme on avait quand même besoin d’un peu d’air, on s’est rendu à la mer, à Sihanoukville, la station balnéaire cambodgienne. Mais quand on a vu l’ambiance là-bas on a vite déchanté : tourisme sexuel, mafia russe, anciens de l’Indo, backpakers bourrés s’entremêlent sur des plages qui ressemblent plus à une décharge poubelle qu’à une carte postale. Et, on se demande pourquoi, il faut que ce soit là-bas qu’on me propose du boulot : jouer et tourner avec un groupe et faire des interventions dans les écoles. Pile le truc que je sais faire, et en plus logés-nourris avec Sophie ! Tout ce que rêve un musicien, sauf qu’on ne se voit pas trop s’installer au Cambodge, et encore moins à Sihanoukville. Et surtout, on a une furieuse envie de continuer notre voyage... On se trouvera donc un petit coin tranquille, à Kampot, avant de remonter à Phnom Penh, qu’on apprécie décidément beaucoup. Ne rien faire, fêter la mort/naissance de Bouddha et rencontrer des gens...

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Panorama d'une ébauche de resort pres de la mer, Sihanoukville

J’allais oublier, une révolution quand même, à Phnom Penh (j’adore ce nom !) : l’acquisition d’un petit ordi notebook qui nous a changé la vie ! Je suis d’ailleurs en train de vous écrire avec, dans le bus qui nous emmène a Siem Reap, ou nous visiterons demain le site fabuleux d’Angkor Wat (si on prend suffisamment sur nous pour appréhender ce lieu ultra-touristique). Waaahh c’est la première fois que ce blog rejoint le moment présent, une révolution je vous disais...

Ensuite nous remonterons vers la Thaïlande, Bangkok d’abord, puis Phuket, non pas pour profiter des plages (un peu quand même) mais pour y prendre un avion et s’envoler vers Perth... en Australie !! Une nouvelle aventure commence...

Posté par francoisetsophie à 16:51 - Commentaires [6] - Rétroliens [0]
12 janvier 2011

INCREDIBLE INDIA!!! Tout un roman...

Salut a tous, P1070549

Tout d'abord et bien entendu : BONNE ANNEE !!!

On espere que vous avez passe le cap en beaute, c'est a dire avec 3g dans chaque poche et plein de bonnes resolutions d'arreter de boire ensuite...!

Pour nous ce fut soft, en tres bonne compagnie de nos amis hongkongais Kafei et Glenn qu'on avait rencontres en Iran et qu'on etait tres impatient de retrouver chez eux, a Hong Kong. Et quel plaisir de decouvrir cette ville tellement bien organisee et... propre ! Effectivement apres plus d'un mois passe en Inde le contraste fut plus que saisissant ! Et le silence, quel luxe... De la nourriture saine et de l'eau pure, une douche bien chaude avec une bonne pression, c'est pas negligeable non plus (et je parle pas de la biere !). Et en prime : UN PIANO, oh jubilation extreme ! Bref une semaine de repos bien merite, dans une ville qu'on a adore et apres un voyage en Inde tout plein de rebondissements... On va vous raconter ca.

Pour faire une transition tranquille (surtout apres notre sejour a Bardia au Nepal !), on est rentre a la fin du mois de novembre par le nord-ouest du pays : a Rishikesh ou nous avions a nouveau rendez-vous avec Aviva et Riwax. Ce lieu de meditation est desormais celebre car les Beatles y sont venus en retraite en 1968. Il parait qu'ils y auraient compose la majeure partie du White Album (un peu de culture ca ne fait jamais de mal !). Bref, avons-nous ete embrigades par un guru dans un ashram ? Pas vraiment... L'endroit est effectivement paisible et l'on y croise quelques Sadhus indolents qui vous sucurent un "Hello" plein de sous-entendus mercantiles ainsi que pas mal de perches ! Au passage, les Sadhus sont censes avoir renoncer a la vie materielle pour se consacrer a leur quete spirituelle et vivent de la... mendicite (premiere contradiction !). Mais on est bien loin de l'agitation que l'on imaginait en pensant a l'Inde et surtout aux Indiens !

Alors, ayant rejoint nos deux comperes, ca ressemble plutot a des vacances entre potes, sans alcool car P1070282prohibe dans cette region (petite reminiscence iranienne) : farniente et petits restos super bon et frais (tout est lave a l'eau minerale et c'est precise sur les menus !), seance shopping, bonnes ballades et franche rigolade, surtout celle de la descente du Gange en Rafting. Et oui, le Gange, c'est fun aussi ! De la, nous avons decouvert Haridwar, ville voisine tres pieuse. Deambuler sur ces gaths et simplement observer la vie religieuse s'y deroulant fut un merveilleux moment. C'est un reel instant de bonheur pour ces personnes qui viennent nombreuses en pelerinage pour se baigner dans les eaux sacrees. Peut-etre pour l'unique fois... Ici, les eaux sont encore claires et peu polluees car ces villes sont situees pres de la source. En tout et pour tout, nous aurons profite une dizaine de jours de cette retraite zen avant de rentrer dans le vif du sujet...

J'avais deja eu une bonne tourista dans le bus avant d'arriver a Bardia, mais sans trop de degats majeurs... (Sophie m'a interdit d'utiliser de mots plus "trash", desole... au passage on ecrit le blog a 2, chacun son tour, et ca peut parfois etre cause de divorce !). Mais a Rishikesh j'ai commence a avoir quelques poussees de fievre, soignees a coups de massages ayurvediques mais a grands renforts d'Antibiotics (tout de meme !) par un rebouteux local... Malheureusement ca n'a pas suffit et la fievre a repris crescendo a Dehli. Et a Dehli on peut dire qu'on est rentre dans le vif du sujet indien : un beau bordel en somme ! Pollution bien-sur (mais ca on commence a etre habitue), salete extreme (la decharge poubelle c'est la rue), pauvrete terrible (ca fout les boules)... et des gens partout. J'aime bien cette phrase de Paul Ehrlich pour decrire les rues de Dehli : "The streets seemed alive with people. People eating, people washing, people sleeping. People visiting, arguing, and screaming. People thrusting their hands through the taxi window, begging. People defecating and urinating. People clinging to buses. People herding animals. People, people, people, people..." Et c'etait en 1966 ! D'ici quelques annees la population de Mumbai (Bombay) va doublee pour avoisiner les 30 millions d'habitants et la ville deviendra la 1ere ou la 2eme plus grande ville du monde avec Tokyo. Avant 2030 la population indienne aura depasse celle de la Chine pour atteindre 1,6 milliards dans les annees 2050... A ce moment la je ne sais pas si tout le monde aura eu sa part du gateau, mais si ce n'est pas le cas, je n'ose imaginer le chaos que ca peut donner...

L'Inde a la fievre de l'or. On ne pourra malheureusement que le constater a notre arrivee a Agra, autrement dit la ville du Taj Mahal. Haut lieu touristique a n'en pas douter evidemment, mais severement surpris par l'accueil reserve aux dits-touristes. Lachez les chiens !!! Depuis le Nepal, on avait l'habitude d'etre plus charges que les locaux sur les tarifs de visite des monuments historiques. Mais la, c'etait le pompon ! 20 roupies pour les Indiens contre 750 pour les etrangers, la difference nous a coupe la chique. Accompagne d'un accueil deplorable dans les hotels (on rale de plus en plus contre le Lonely Planet et autres guides), voici les ingredients pour faire sauter le bouchon. Resultat des courses, on decide de boycoter la visite meme si on a fait le deplacement jusque la. C'est sur, l'occasion ne se representera peut-etre plus de voir ce monument qui doit effectivement etre grandiose mais on aura notre visite perso et l'envers du decor est toujours bien different de ce que l'on pense (cf photo)... On vide donc les lieux rapidement pour Jaipur a seulement quelques heures de la !

P1070421Jaipur, la ville rose... Les Maharajahs avaient pris l'habitude de donner une couleur distincte a leur ville. On aurait bien voulu la voir de nos propres yeux, mais un nouvel episode de fievre a change notre programme. Et la, 40 degres C pour Francois, ca craint. On visitera le service des urgences en soiree pour commencer, avec consultation et tests sanguins prevus pour le lendemain. Pronostic le plus probant : la malaria, cool ! Autant vous dire qu'on en menait vraiment pas large, surtout avec tous les prejuges que l'on peut avoir sur le systeme de sante indien et vu leur etat de sante, justement... C'est jamais tres entousiasmant l'idee de se faire piquer la-bas. Le lendemain, Francois est toujours tres mal et le medecin confirme une admission a l'hopital. Il a tout de meme su nous rassurer car on avait vraiment l'impression de revenir a la periode d'apres-guerre. Il faut dire que ca reste l'Inde, et la salle commune ou Francois a eu son lit c'est un peu comme une rue indienne : on y mange, on y dort en famille ou on opere juste devant toi ! Et cheres amies infirmieres, nous respectons encore plus vos qualites et votre travail car la, on a un peu hallucine : hygiene approximative, piqures ratees, prise de temperature erronee, rires de gamine quand il faut changer des draps (surement la gene mais bon) sans parler du probleme de salubrite des locaux... Bref, vous voyez le topo ! Mais bon, apres les resultats des tests (negatifs !) et un traitement de cheval administre sous perfusion pendant deux jours, IL en est revenu !

C'est vrai on en rigole maintenant mais cet episode a quand meme ete bien hard. Mais il nous a aussi encore plus rapproche, du coup en sortant on etait remonte a bloc (malgre quelques kilos en moins pour moi comme si c'etait encore possible !). Et hop on remonte dans le train : direction le Far-West et la ville de Jaisalmer a quelques encablures de la frontiere pakistanaise. Arrivee super difficile (surtout apres les 2 jours d'hosto et la nuit blanche dans le train) : on avait l'habitude de se faire harceler par les rabbateurs, mendiants, vendeurs en tous genres mais la on s'est fait litteralement agresse par une nuee de vautours. Impossible de s'en defaire, limite a en arriver aux mains... (chose ahurissante, le 1er d'entre eux etait monte dans le train 1H avant notre arrivee, du jamais vu !) On en parlait d'ailleurs avec 2 espagnoles juste avant de descendre, c'est le genre de truc vraiment epuisant lors d'un voyage en Inde. Mais comme dit le dicton "apres l'effort, le reconfort" et c'est une citadelle magnifique qu'on a decouverte, plantee au milieu du desert. Et, contre toute attente du coup, tres paisible. On s'est donc fait plaisir en s'offrant une chambre a la "Sheherazade" pour une convalescence bien meritee.

On fait peut etre un petit peu long la, mais on se rend compte qu'on avait besoin d'ecrire en fait. Comme tout le monde qui l'a visitee, "l'Inde ne nous a pas laisses indifferent" ! Vous inquitez-pas il reste plus que 2 chapitres...

On rejoint Mumbai par train (20h de trajet). Toute visite de l'Inde sans gouter le piment des voyages en train de nuit serait incomplete. Ca fait partie de l'experience. Pour notre part, nous ne dormions pas mais cela reste un sacre souvenir. Pour Mumbai, on fait a nouveau appel au Couchsurfing, sans trop y croire vu le nombre de demande... Objectif numero un : obtenir notre visa pour le Vietnam ou nous devons retrouver ma maman et Francois, son mari. Et finalement, encore une bonne surprise : une reponse positive en hebergement. Et le comble du hasard, celui-ci se situe a cote (c'est a dire 1h de bus) du consulat vietnamien ! On en revenait pas. Nous retrouvons notre famille d'accueil dans l'un des beaux quartiers au Nord de la ville (Les banlieues riches s'etalent dans cette direction). Et quels hotes nous avons eu la ! Tapan et Ranjana sont investis dans Couchsurfing depuis le mois de septembre et ils sont au petit soin pour leurs invites, privilegiant le contact longue duree. Pendant les 5 jours passes a leur domicile, nous avons eu droit a notre chambre avec salle d'eau privative, une visite guidee de la ville en voiture, une seance de cine et des discussions animes autour de repas delicieux. Ils resteront parmis nos contacts privilegies du voyage. Pour le reste, formalites pour le visa tres simples et obtention sans probleme : l'aventure pourra continuer.

On aurait voulu visiter un peu plus la partie sud du pays mais ce sera pour une autre fois. On a en effet prisP1070626 la decision de passer le Nouvel An a Hong Kong puis de rejoindre le Vietnam par la Chine. Et on a reserve un vol partant de Goa. Car on ne pouvait pas quitter l'Inde sans avoir vu Goa. Quelle bonne idee on a eu la ! Ca m'a reconcilie avec Noel ! Goa c'est tout bon : une terre magnifique, des plages somptueuses et meme desertes pour certaines, vegetation luxuriante, mer parfaite, gens charmants... (a conseiller fortement pour les depressions hivernales a condition d'y rester... tout l'hiver !). Bref rien a redire, c'est le paradis litteralement (mais faut pas aller dans les zones a touristes bien-sur). Et le top c'est de louer un scooter pour arpenter les petites routes de l'Etat. En plus on est en terre chretienne (Goa est en effet une ancienne colonie portugaise revenue recemment a l'Inde, ca fait un sacre melange !), et ca fait du bien car il faut bien dire que les rapports avec les Hindous ont ete assez rudes. Je parle avec un vocabulaire religieux la, car c'est fou ce qu'on est conditionne par l'appartenance a un groupe religieux et les valeurs qu'il vehicule, qu'on soit athee ou non. On s'en rend compte de plus en plus en voyage : la 1ere reference culturelle, c'est finalement la religion. Ah quel plaisir de retrouver des reperes comme... la messe de minuit ! 

Voila, merci a toi qui a eu le courage de lire ce roman jusqu'ici... En tous cas pour nous ce fut un tres bon exutoire ! Et pour ceux qui en ont encore, y a une palanquee de photos !

Plein de pensees a vous,

vos potos de l'Extreme-Orient !

Posté par francoisetsophie à 17:09 - Commentaires [12] - Rétroliens [0]